Élections municipales

« Je fais mon devoir électoral. Point d’émotion civique. Je vote. Le maire est un copain et je voudrais bien qu’il fasse faire un caniveau devant ma maison pour recueillir les eaux usées »

Hier je suis allé voter à Saint Cyr. J’ai trouvé une liste de plus. Morateur se présentait. Il avait constitué une liste sous le vocable : Saint Cyr… autrement.

Dorothée, ma nièce, se présente sur la liste du maire sortant. Est-elle dans un classement qui la rend éligible ? Elle a 27 ans. C’est bien de s’engager jeune aux élections municipales. Ce sera une bonne école si elle est élue. De plus, elle rend service à la population.

Devant le bureau, je rencontre Robert. Il venait de boire plus que de raison. Il s’est mis à me faire des déclarations amicales et m’a demandé pour son enterrement de ne pas faire une grand messe, mais d’être là. Moyennant quoi, je pouvais lui demander quoi que ce soit comme service. Il s’est excusé d’être dans cet état. « C’est exceptionnel, m’a-t-il dit, j’ai fait la fête » et il est parti.

Derrière l’urne, trois personnes. Je n’en connais qu’une. Du coup, je suis dépaysé. Je vote et m’en vais.

Ce scrutin, tant dans mon pays natal qu’ailleurs en France, me paraît sans relief. Les citoyens votent sans enthousiasme et sans passion. Les idéologies demeurent peut-être, mais les problèmes de gestion (d’une commune petite ou grande) ont besoin d’être traités. Ils sont si primordiaux et dans un cadre tellement défini qu’il n’y a pas la place pour l’invention politique. Il ne s’agit que de gérer. Alors que l’on soit de droite, de gauche ou du centre, un seul impératif ; « gérer » dans le cadre des institutions.

Rien à inventer mais simplement appliquer le règlement et palier les urgences.

C’est au monuments aux morts, dans les discours patriotiques, que vont apparaître les différences politiques. Mais les morts de la guerre 1914-1918 se moquent des trompettes, de la minute de silence, de la gerbe. Ils sont morts. On leur avait dit qu’ils sacrifiaient leur vie pour la grandeur de la patrie. Ils l’ont cru et ils sont morts. Dans la gloire de Dieu, ils écoutent les discours puisque déjà la résurrection les a transformés. Ils sourient doucement, ne s’offusquent de rien et laissent aux élus municipaux l’illusion de leur programme.

Mais moi, tout cela ne me touche plus. J’agis par devoir. Ma raison relaie mes sentiments. Je fais mon devoir électoral. Point d’émotion civique. Je vote. Le maire est un copain et je voudrais bien qu’il fasse faire un caniveau devant ma maison pour recueillir les eaux usées.