L’écriture et en particulier la correspondance, adressée à une personne, suscitent la pensée et s’en nourrit. Je pense pouvoir affirmer qu’une institution ne s’enracine, ne prend corps, ne se développe et ne vibre que si ses membres correspondent entre eux et pas seulement pour se fixer des rendez-vous ou évoquer la pluie et le beau temps.
Les mots de la parole et certainement de l’écriture ouvrent les geôles et encouragent l’audace de la liberté. Ils préparent et ils fomentent l’action. Ils allient ceux et celles qui recherchent un consensus pour vivre ensemble et produire de la pensée.
J’ai cru percevoir que, parfois, la confusion de Babel submergeait la vie commune et la noyait dans l’impuissance. La parole est un souffle, l’écriture une gravure. La Pentecôte commence par le miracle des mots différents que tous comprennent sans cafouillage.
Parole et écriture sont couple. Les personnes et les institutions ne peuvent se passer de l’une et de l’autre. La Parole est souffle, donne de l’air, L’écriture s’inscrit dans la durée. La Parole sans écriture n’est que du vent... L’écriture sans parole n’est que hiéroglyphes sur une pierre tombale.
Les baptisés devraient être les Apôtres de la correspondance. Jésus le Verbe n’a pas écrit, parce qu’il est Parole éternelle. Mais nous, disciples dans l’Histoire, avons besoin d’écrire. C’est pour cela qu’il faut sans cesse revenir et à la Parole de Dieu, contenue dans les Saintes Écritures, et aux missives qui favorisent l’institution de la communion.
Christian Montfalcon, 12 mars 2014