Correspondances spirituelles

A mes correspondants journaliers

Depuis plus de 20 ans, j’ai échangé régulièrement beaucoup de “lettres” avec environ 70 personnes :

Avant d’anéantir totalement cette correspondance spirituelle, j’ai sauvegardé des extraits de ce que j’avais pu écrire moi-même. J’ai « aveuglé » mon propos et, d’une certaine manière, je l’ai rendu anonyme. Du coup, il pouvait devenir lisible par beaucoup : il n’était plus indiscret...

J’ai détruit définitivement les lettres qui m’étaient adressées par mes correspondants. En résultat de cette opération, presque trois cents textes sont disponibles. Ils n’engagent que moi. Ils révèlent ma manière épistolaire de baptisé, prêtre catholique du diocèse de Lyon.

Effectivement mon histoire personnelle, mon parcours ministériel, ma réflexion théologique, ma vie spirituelle, caractérisent mon propos. Je ne fais pas un cours de dogme. Je ne crie pas la Vérité. Je m’adresse seulement à tel ou tel baptisé, homme ou femme, et j’écris au fil de l’ordinateur.

Ce n’est pas un enseignement que je donne, mais je livre à mes correspondants, une « sensibilité » inspirée par l’Écriture, la liturgie, le combat de l’oraison, le dialogue fraternel et, sans doute, mes « sautes d’humeur ». Sans illusion sur l’intérêt de mes épîtres, car je ne suis ni saint Paul, ni François de Sales, ni Charles de Foucauld.

J’ai fait ce travail austère de récupération et d’aveuglement parce que je crois beaucoup que la correspondance spirituelle, aussi « pauvre » soit-elle, est une sorte de « boite à idées » qui peut donner à penser, à réfléchir, voire à méditer, à ceux ou celles qui la liront.

De plus, ceux qui m’ont fait l’honneur de correspondre avec moi m’ont nourri intérieurement bien au-delà de ce qu’ils ont pu imaginer.

En faire un petit fascicule sans prétention me semblait aussi un devoir de reconnaissance envers eux ou envers elles.

Enfin pour terminer, je souhaite que beaucoup de baptisés de toutes confessions s’écrivent, non seulement régulièrement, mais très souvent entre eux. Ainsi leur confiance réciproque les ouvrira à accueillir la tendresse du Seigneur.

Que Dieu nous garde en sa discrète bonté !

Christian Montfalcon,
Correspondances spirituelles, vol. 1 : « La Parole et l'Écriture », 2013

« Si l’on en garde une trace, la correspondance prépare la relecture. Elle permet aux mots d’abonder naturellement. Elle raconte à soi et aux autres ce que l’on est et devient ». »