Choix du ministère presbytéral

« La vie d’une communauté confessante peut être, à la fois, un lieu d’offrande, de consécration et de vie humaine tout à fait remplie et humaine »

Je n’irai pas à la réunion organisée autour de Mme Gaindon car, ces mêmes jours, je reçois Monseigneur Balland qui vient faire connaissance de l’archevêché de Lyon.

Je le regrette. J’avais au moins deux questions à poser sur la vie affective du prêtre diocésain.

De mon temps, en 1953, la plupart des collègues venaient d’une famille nombreuse. Leurs parents accueillaient le fils prêtre et lui rendaient des services. Ils l’environnaient d’attention, de respect et de tendresse.

Aujourd’hui, les hommes qui se destinent au ministère presbytéral dans le diocèse de Lyon viennent d’ailleurs. Beaucoup sont sans famille immédiate et n’ont aucun arrière-pays affectif. Beaucoup cherchent dans une communauté de prêtres ce qu’ils ne trouvent plus dans leur famille, ou ils se murent et se protègent dans un autoritarisme de mauvais aloi.

Comment, dans le contexte 1995, à Lyon, assurer aux jeunes prêtres vie affective et célibat ?

Actuellement, lorsqu’un jeune homme ou une jeune fille se convertit au Christ, dans sa joie, il ou elle désire tout donner et demande à être immédiatement prêtre ou religieuse, sans avoir pris le temps de tout donner dans la vie chrétienne de baptisé.

L’un et l’autre confondent l’offrande totale d’eux-mêmes avec le presbytérat ou la consécration. La vie de baptisé laïc, ils ne connaissent pas. Elle ne leur paraît pas suffisante pour exprimer leur relation d’amour avec le Christ. Cet espace de plein vent va leur manquer. Ce lieu de développement humain, spirituel, affectif, ne peut être remplacé par rien. Comment, aujourd’hui, redonner ce champ, avant de s’engager dans un séminaire ?  

Je n’ai pas de réponses à mes questions. Mme Gaindon en aurait peut-être eu.

Je pense toutefois que la vie d’une communauté confessante peut être, à la fois, un lieu d’offrande, de consécration et de vie humaine tout à fait remplie et humaine.

La communauté confessante est un lieu de développement de la foi et d’enracinement de la conversion. Beaucoup voudraient « savoir », alors qu’il faut principalement durer dans l’à-peu-près pour grandir par la miséricorde de Dieu et la fréquentation des autres.