La chasse

« Confiance, ruse, complicité »

Plus de quarante fois, j’ai demandé à la mairie un permis de chasse. Personne dans ma famille ne m’a transmis ce « virus », à moins que cette pratique ne soit inscrite dans les gènes de mes chromosomes. Ce fut pour moi donc plus qu’une tradition, plus qu’une habitude. Avant de chasser moi-même, je n’avais pas d’amis chasseurs. Après quelques années, j’ai eu la chance d’en compter beaucoup. Belles amitiés, que l’éloignement ou la mort n’efface pas.

Je cherche aujourd’hui l’explication de ce qui fut pour moi plus qu’un loisir. Pourquoi je chasse :

Au rendez-vous, l’imagination débridée !

Durant l’action, le silence, tout fonctionne au clin d’oeil…

Mais après : les délices jamais éculés des paraboles racontées.

Les philosophes du langage auraient de quoi faire une analyse sémantique de haut niveau. On parlait avec plus de passion dans le café de feu Madame Manissier que le curé dans la chaire de l’église de Saint-Cyr.

Tout mon discours n’a rien de très sacerdotal et pourtant je pense que, si je suis entré au séminaire, ma démarche n’a pas été sans rapport avec la découverte d’une nature et d’un monde que l’éducation reçue dans ma famille ne m’avait pas révélée… Mais c’est une autre histoire !