6 juillet 2014
On ne se souvient plus guère de ce que l’on a lu, appris, entendu. N’est présent en nous comme une source que ce que l’on a intégré, assumé, corporisé, transmis. De tout ce que nous avons reçu des autres ne reste que ce qui est devenu nous-mêmes et ce dont nous vivons au quotidien. Le catéchisme et les homélies se sont volatilisés. Ne demeure que notre foi qui a inventé, selon notre culture, notre relation profonde avec Dieu et son Christ. La foi n’est pas un savoir, mais une manière d’être qui nous situe dans le monde et la relation à autrui. « Seigneur, nous ‘faisons mémoire’ de ce que tu nous as révélé ». Nous sommes conjugués au Ressuscité.
29 juillet 2016
Jésus, la bonté de Dieu en personne, est, pour nous baptisés, une source qui relativise et la sagesse et la science. Elle ne les brade pas mais elle les mets à leur juste place. Elles sont indispensables à la vie personnelle et sociétale, mais elles n’occupent pas tout le champ de la conscience humaine. Elles ne sont pas enflures mais servantes de la foi, elles empruntent à la culture. Science et sagesse sont précieuses : elles donnent les mots les mieux ajustés aux pauvres pour qu’ils osent signifier devant tous l’amour qui sous-tend leur manière d’être-au-monde. Les « pauvres » selon l’Evangile puisent la force de leur témoignage dans la tendresse qui transcende vocabulaire et philosophie.
29 avril 2017
Les sages et les savants sont bien utiles et rendent un service immense à la société, mais ils ne deviennent des géants de l’Evangile que s’ils reconnaissent en eux la « pauvreté » d’un cœur spirituel, propre à chaque humain. Chacun, en effet, a besoin d’être comblé par la contemplation du don de Dieu qui se propose à lui par l’Esprit du Ressuscité. La laïcité de la science, principe fondamental, ne trouve son amplitude que dans le secret de ceux et de celles qui offrent humblement au monde entier ce qu’ils savent. Comme le Christ et avec lui, leur bonheur consiste à faire réussir la grandeur du monde au-delà des limites humaines. Ils sont appelés à être des humbles frères universels.
23 juin 2017
Plus nous accueillons la bonté de Dieu, plus nous découvrons qu’il nous associe à sa propre bonté. Non seulement elle ne nous pèse pas, mais nous trouvons une joie à vivre dans le dynamisme de sa clémence douce et paternelle. Vivre les mêmes sentiments que le Christ, bonté tangible et visible de Dieu pour les humains, allège le poids de la vie humaine. Elle ne change pas, elle garde les aléas pesants (et lamentables parfois,) des jours et des ans. Mais il y a une manière de vivre qui ouvre du coté de la grandeur qui met au large et murmure des airs d’espérance. Nous atteler avec le Christ pour labourer la terre, l’ensemencer, la rendre féconde et porteuse de bienfaits, n’empêche pas la fatigue, mais donne la joie discrète de la moisson. Même si elle n’est pas abondante, elle est significative.
9 juillet 2017
Quand nous savons pour qui et pour quoi nous travaillons… Quand nous connaissons intimement celui qui nous a appelés à être son collaborateur… Quand, à longueur de journée, nous avons plaisir à œuvrer avec celui qui nous a appris présence et solidarité… Quand, dans la patience, nous allons avec lui jusqu’au bout de la tâche à accomplir… Quand nous avons admis comme lui que ce genre de travail est pure gratuité… Quand nous avons compris que nos efforts, si petits soient-ils, pouvaient donner un sens au monde… Quand nous avons réalisé que nous étions des associés de son offrande… Alors nous avons été heureux d’être attelés avec lui et le poids de notre vie ne nous a plus écrasés… « Son joug est facile à porter et son fardeau léger ».
29 avril 2019
La bienveillance de Dieu décile les yeux et dilate le cœur : voir et aimer Autrui, non pas comme on aimerait qu’il soit, mais tel qu’il existe dans propre histoire. Corps, culture, désirs, sont les siens et pas les miens. Je ne suis pas séduit par son intelligence et sa prestance. Je suis à coté de lui ou d’elle pour qu’en lui, il ou elle, trouve la plénitude de son être et soit dans le bonheur qui donne le repos et la vie facile à porter.
19 juin 2020
Quand j’étais enfant, mon Père concluait la prière familiale du soir par l’invocation : « Jésus doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre ! ». A l’âge adulte, je n’ai pas trouvé meilleure formulation brève du Mystère du ‘Sacré Cœur de Jésus’. Le Christ nous a appris l’humilité dans son Incarnation. L’éternel est devenu temporel pour nous dire, par des actions et des paroles, l’amour du Dieu Unique et Trinitaire. Après son ‘cheminement’ sur les routes de Palestine, dans une offrande suprême, il a humblement affronté dans son corps la mort des ‘bandits’. Dans sa Résurrection, il nous emmène avec lui dans l’amour éternel : douceur.
5 juillet 2020
La sagesse et la science ne suffisent pas pour accueillir la foi en Christ, Don du Dieu unique et trinitaire. Il faut nécessairement vivre d’humilité et que le cœur accepte la pauvreté du chercheur en quête de la Vérité qui le dépasse. Intelligence, réflexion, bon sens, sciences humaines, contemplation de la beauté de la création, laïcité humaniste, sont de précieux auxiliaires pour organiser la vie spirituelle dans la précarité et les contradictions du temps présent et du tempérament de chacun. De plus, la vie communautaire nourrit et entretient la fidélité par la prière et la conversation spirituelle. Alors la foi sera un « fardeau » léger, paisible, heureux.
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