Jérémie 17, 5-10

« Le Seigneur pénètre les cœurs afin de rendre à chacun selon ses actes, selon les fruits qu’il porte »

Chacun de nous par sa naissance est planté au bord de l’eau de la fécondité.

Chacun de nous porte selon sa nature personnelle un fruit spécifique à la disposition de tous.

Par la foi de leur baptême, quelques-uns reconnaissent que l’eau de la fécondité a sa source en Dieu, vient de lui et donne les fruits de la grâce. Ils savent en dire merci, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour tous les habitants du « verger » terrestre.

Les fruits de baptisés ne sont ni plus beaux, ni meilleurs, que ceux de tout le monde, mais leur vie est changée par l’action de grâce qu’ils manifestent chaque jour.

A plein rendement, ils n’ont aucun orgueil. Ils sont simplement heureux car ce qu’ils produisent est à la fois à eux et à tout le monde. Leur joie n’est pas le profit mais le partage.

En eux, aucune trace de jalousie. Ils sont même heureux que d’autres qui ignorent la Source divine fructifient comme eux ou même mieux qu’eux. Dans ce cas, ils leur demandent leurs recettes !

Si, pendant une année de sécheresse, ils ne portent pas de fruit, ils ne sont ni honteux, ni désespérés. Le temps qu’ils réservaient à la cueillette, ils l’occupent à tresser des paniers pour l’année suivante. Ils se refusent à gémir. Ils ne se lamentent pas. Ils sont réalistes et, quoi qu’il arrive, ils préparent l’avenir.

Rien ne les prend au dépourvu. Les aléas de la vie de tous les jours ne bouchent pas leur horizon. La confiance qu’ils ont en Dieu les situe à leur vrai niveau. De ce fait, ils sont des hommes et des femmes libres, sans regret, sans illusion, sans amertume. Ils assument le présent et s’occupent aujourd’hui à être prêts pour demain.

Le souffle de l’Esprit dans la ramure leur fait chanter leur cantique de pommier, de prunier, de figuier… Ils ne sont que ce qu’ils sont, d’autres sont différents et complémentaires. C’est leur humilité. « Il faut de tout pour faire un monde ». Ils tiennent leur place à pleine sève.

Jérémie

8 mars 2012