« Sous le poids de ta main, je me suis assis à l’écart, parce que tu m’as rempli d’indignation. Pourquoi ma souffrance est-elle sans fin, ma blessure incurable, refusant la guérison ? »
De fait, certains sont saisis par l’amour de Dieu à un tel point que plus rien sur terre ne semble les combler. Où qu’ils soient, quoi qu’ils fassent, ce sont des « indignés ». Alors, ils souffrent beaucoup et il leur arrive de récriminer contre Dieu. Ils l’accusent de les avoir trop aimés et de leur avoir rendu la vie insupportable.
Ils pensent que la fréquentation de la perfection divine les rend inaptes à marcher avec les humains et supporter leurs imperfections et les troubles de la création. Ils sont blessés d’amour et ne voient plus comment guérir. Parfois même, ils ne veulent plus guérir, car ils ont peur de trahir Dieu qui les a saisis. Ils sont à la fois malheureux et heureux. Divisés en eux-mêmes, ils souffrent et s’interrogent sur le sens de leur vie « à vif ».
Les prophètes selon l’Ancien Testament connaissent cette sorte d’épreuve douloureuse. D’une certaine manière, ils sont tourmentés par l’imperfection du monde et des autres. Ce qu’ils ont perçu de Dieu, les met trop à part du reste de la création. Leur souffrance est une plaie ouverte qui les taraude. En exagérant, on pourrait dire que l’idée qu’ils se font de l’amour de Dieu les ravage et que, d’une certaine manière, ils ne peuvent se passer de ce trop qui les rend presque inhumains.
Les prophètes depuis l’Incarnation de Jésus peuvent dépasser ce tourment d’amour sans l’amoindrir.
En Christ, Dieu est devenu humain :
A partir de la culture de son temps, Jérémie connaît Dieu et l’aime.
Aujourd’hui les baptisés aiment Dieu tout autant mais autrement. Ils ne sont pas « indignés ».
1 août 2012
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