La volonté est un moteur au gaz pauvre qui permet à un humain de progresser vers le but qu’il s’est librement fixé. Elle invente, coordonne les moyens pour tendre vers son propre désir. Dans la volonté, rien d’automatique. Elle n’engendre le progrès vers le terme que dans la conscience de ce qu’elle cherche à obtenir. C’est une détermination qui se met en œuvre pour parvenir à ce que la personne humaine estime un bien pour la société et pour elle-même.
La volonté suppose beaucoup de courage et de constance. Elle traverse des hauts et des bas, avec réalisme. C’est un effort soutenu ‘vers’, à moins que l’apathie ou la mollesse ne la contrarie et finisse par l’anéantir.
Même dans ses soubresauts, la volonté est cohérente. Elle repart d’où elle a connu l’avatar ; ni elle ne bifurque vers l’impossible, ni elle ne renonce. La volonté est un élan parmi les vicissitudes du temps et de l’espace.
Un colonel de mes amis me disait ou me laissait entendre que la volonté est « raide comme balle ». Non, mon colonel, la volonté, comme tout ce qui est le propre d’un humain, n’est pas « raide ». Elle est souple même si, parfois, elle tergiverse. En cas d’échec, elle n’a pas honte. Elle recommence sa pérégrination et, si nécessaire, invente d’autres moyens. Sa liberté l’appelle. Quoi qu’il en coûte, elle y va.
Dans la vie courante, on parle de « bonne volonté et de mauvaise volonté ». La première est sur le qui-vive, la deuxième connaît « l’à quoi bon » de la paresse.
On n’a pas ‘quatre’ volontés à la fois, ce qui reviendrait à dire que l’on est bien orgueilleux et dans la démesure qui ne conduit à rien. Si l’on court quatre lièvres à la fois, on est certain de revenir bredouille.
Je voudrais ajouter quelques mots sur la volonté de Dieu. Je suis de ceux qui pensent et croient que Dieu n’a pas de volonté. Parce qu’il est Amour infini, il n’a pas de chemin à parcourir. Ceux ou celles qui prétendent faire la volonté de Dieu s’abusent eux-mêmes ou elles-mêmes. Par contre, Dieu nous fait une absolue confiance pour que nous choisissions le chemin d’amour qui nous épanouit et sert, d’une manière ou d’une autre, la société. Je doute de que l’on appelle dans le langage pieux : ‘ les vocations’.
4 février 2021
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