Obéissance

Obéir est aller sous le regard d’un Autre que j’ai choisi pour m’accomplir, me promouvoir, prendre pleine possession de ma liberté.

Cet Autre, homme ou femme, est un « ancien ». Il ou elle a beaucoup vu et beaucoup retenu.

Il n’est pas mon ami, il est « l’Autre », sans pouvoir mais plein de discernement.

Il ou elle n’est pas vénal. Il est libre, sans privilège ni salaire.

La confiance réciproque, respectueuse, détachée et sans affect, suscite notre lien.

On débat, on s’écoute, « Je » décide.

Obéir promeut la personnalité, accomplit un tempérament.

Par ce que je juge qu’à mon avis, c’est la meilleure solution, j’obéis.

Dans un couple, pas d’obéissance, mais beaucoup d’amour.On marche ensemble, on rêve ensemble, on parle ensemble, on crée ensemble : pas de cachotterie. Les deux partenaires ont généralement le même âge ou peu s’en faut, des projets à réaliser en commun. Chacun vit au large pour mieux s’unir comme époux.

Dans une famille, les enfants obéissent aux parents qui les « élèvent ». Sans privilège, garçon ou fille est également aimé. Chacun et chacune obéit pour prendre sa personnalité et son essor. Après avoir appris par l’instituteur et les camarades, il ou elle entre au collège, au lycée, puis en apprentissage, ou à l’université. Il ou elle a grandi, il ou elle mène sa propre vie. Plus d’obéissance, mais une écoute affectueuse des parents.

Dans la vie religieuse, des constitutions spirituelles et des supérieurs veillent avec bien-veillance. Parce qu’on a librement choisi cette congrégation, on leur obéit selon le vœu prononcé, mais sans leur être  « soumis ». On discerne ensemble ce qui est juste selon l’Esprit et on va.

A l’armée, on ne discute pas. On obtempère. Ce n’est plus de l’obéissance. C’est la « force » principale des armées.