Stagner

On dit d’une étendue d’eau qu’elle est stagnante quand le liquide est croupi, sale, pollué. Même les étangs des Dombes se vident pour effectuer la pêche et se remplir à nouveau pour accueillir les alevins. L’eau des étangs vient et part selon un code ancestral entre voisins d’amont ou d’aval, et aussi par la pluie sur les champs alentour labourés de manière à ce que chaque sillon devienne un petit canal vers l’étang pour l’eau tombée des nuages.

Stagner est un verbe sans action. C’est même, au participe présent, un adjectif à l’odeur fétide.

Stagner, c’est piétiner ou rester immobile, sans reculer ni avancer. Trépigner sur place exprime bien ce que je veux souligner. Il y a de l’inertie dans l’air. La langueur s’installe. Plus de mouvement, plus de vie.

Stagner dans la vie d’une personne donne l’impression qu’un marasme s’installe ou s’est déjà développé. Une sorte de dégoût apparaît. L’allant ou l’élan s’amoindrit jusqu’à disparaître et place le sujet entortillé dans une lassitude insurmontable. Demain disparaît, aujourd’hui tombe en ruine.

Dans la vie politique, on appelle cette option le conservatisme. Dans les églises, l’intégrisme total. Ceux et celles qui ont ces pratiques croient être dans la vérité et considèrent ceux et celles qui vont de l’avant et fondent l’avenir comme des inconscients, voire de dangereux révolutionnaires ou des hérétiques qui bradent la tradition ancestrale.

Stagner refuse pratiquement de renaître dans les perspectives sociales ou l’accueil du nouveau genre de vie qu’engendrent les nouvelles sciences ou les outils de la modernité.

Que faire pour donner un souffle constant pour une nouvelle cohésion et ne pas laisser aujourd’hui sans lendemain ?

Je crois qu’il faut bien flécher l’avenir,

progresser par des étapes de vingt à trente ans,

ce qui suppose des instituions légères et souples.

Ne pas regretter le passé,

oser s’affronter entre nous et qui n’est pas se haïr, ni manquer de confiance.