Source

Pour moi, le mot « source » touche au mystère. Il exprime le caché qui vient au jour et produit la fraîcheur et la fécondité. La source innove, s’offre et coule de bon gré. Elle accueille des affluents et les entraîne vers l’immensité. Quand elle surgit, elle est « pauvre » et l’on se demande comment elle va « donner » son nom en répandant ses bienfaits.

Le Rhône, par exemple, est une ‘force’ qui vient de ‘là-haut’, en Suisse, près des neiges éternelles. Il traverse le Léman sans s’y perdre. Il est capté par les hommes et produit de ‘l’énergie’ pour un grand nombre depuis Génissiat. Il devient navigable et arrose Lyon et Marseille. Les villes sur son cours lui doivent leur développement. Dans ses eaux, il charrie la culture d’Avignon et le ruissellement de la douce beauté d’Aix-en-Provence. Il devient delta avant de se jeter dans  la Méditerranée, « Mare Nostrum », trait d’union avec un autre continent. La source au Saint-Gothard déborde de « ressources » pour le bonheur des humains.

La source est principe. Elle inspire et offre une réflexion de siècle en siècle. La vallée du Rhône offrit un chemin à la foi Chrétienne. Irénée sema le bon grain en la remontant. Saint Maurice depuis la Suisse descendit jusqu’à Vienne.

Je suis de ceux qui croient que le terme de source convient mieux à Dieu que celui de « créateur ». Dieu n’est pas un artisan potier qui pétrit la terre, mais une source mystérieuse qui répand Amour et Bonté. D’ailleurs l’Eucharistie l’affirme  :  « Toi qui es vraiment Saint, toi qui es source de toute sainteté, Seigneur, nous te prions ».  Quand je célèbre, je rajoute : « Toi qui es Source et qui nous rends source… ».

Jaurès disait : « C’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source ».