La racine de ce mot ‘separ’ donne une famille de termes touche-à-tout qui accompagne la vie de tous les individus. Cela commence par la séparation de la naissance dont nous portons la trace corporelle et se termine par la mort qui est un autre type de séparation.
Le verbe, qui dit l’action de séparer, occupe les humains tout au long de leur parcours terrestre. Nous, les hommes et les femmes, enfants, adolescents, adultes ou vieillards, passons notre temps à rompre et à accueillir, trier, jeter ou donner. Nous partageons ou départageons.
Choisir est un acte de liberté, réfléchi et préparé qui, en même temps, exclut. Vivre en couple ou entrer au carmel impose un partage qui oriente une vie. Se marier ou divorcer sont autant de choix qui demandent profonde réflexion, entraînent joie ou souffrance, union ou séparation. Cela demande un discernement qui est une sorte de tri intelligent et profond entre ce qui est bon ou moins bon. Pour la vie religieuse ou cléricale, on retrouve un même discernement dans un autre domaine pour un autre type de séparation.
Dans les familles, il est normal que les enfants partent, se séparent pour devenir tout à fait eux-mêmes. Chacun a besoin d’autonomie ; ce qui était plus ou moins autoritaire devient affection et reconnaissance durable.
La vie politique démocratique suppose une séparation des pouvoirs. Présider n’est pas forcément gouverner. Le pouvoir judiciaire n’est pas le Parlement qui, lui, se sépare ente majorité et opposition. L’alternance est le fruit du choix ou du départage qui provient du vote libre des citoyens.
En France, la laïcité a conduit à une séparation de l’Église et de l’État. Ce ne fut pas sans drame. Mais, de nos jours, c’est encore mieux que la liberté des cultes. Chacun a pris sa place sans vouloir s’imposer à l’autre. Un respect profond.
J’ajouterais volontiers que séparer n’est pas forcément rompre tout dialogue et considération réciproque. Les frères ‘séparés’ du protestantisme ont fait avec les catholiques la semaine de l’Unité ou encore, plus ou moins,la communauté de Taizé.
Pour un chrétien, « mourir » est une séparation charnelle douloureuse; mais c’est aussi une communion, une intimité qui est beaucoup plus qu’un souvenir.
Dans le monde moderne, le téléphone portable et l’Internet pallient la séparation du dialogue qui est vis-à-vis, par la possibilité d’une autre sorte de dialogue qui est comme un sous-produit, mais un moyen efficace de rester en lien.
12 février 2021
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