Promettre

Promettre est la déclaration claire d’un engagement que l’on tiendra vis-à-vis d’une personne, d’un groupe ou d’une communauté, qu’elle soit villageoise, professionnelle ou spirituelle. Promettre est un défi au temps rongeur. Pour durer et s’épanouir, une promesse a besoin d’amour et de renouvellement fréquent et festif.

Quand j’étais bambin, le curé, Denis Aubrun, tous les dimanches, lisait en chaire le nom des défunts auxquels les paroissiens avaient fait promesse de prier pour eux et avec eux. Il avertissait aussi ses ouailles qu’il y avait promesse de mariage entre deux jeunes gens de la paroisse et que, si quelqu’un avait une remarque à faire, qu’il vienne le voir. Une semblable déclaration était faite pour informer d’une promesse d’un vœu public de célibat d’un candidat au sous-diaconat…

A la même époque et dans le même village, le garde-champêtre, après un roulement de tambour, annonçait à la population que, selon leur promesse, monsieur le maire, le juge de paix, ou le percepteur tiendrait comme promis leur ‘permanence respective ’, tel ou tel jour, à la mairie.  Ainsi la vie communale prenait corps et invitait les habitants à entrer dans une vie de « relation » à partir des ‘promesses’ des uns et des autres.

Promettre, c’est s’engager, jurer, assurer, garantir, que l’on tiendra Parole pour le bien de chacun et de tous, ce qui suppose fidélité dans sa réalisation. C’est un défi à l’oubli et une promesse de constance dans le temps. Sans promesse activement tenue, il ne peut y avoir de vie personnelle ou sociale heureuse et épanouissante.

En fait, vivre, c’est promettre. Chacun se donne des petits moyens pour tenir, quoi qu’il lui en coûte, ce qu’il a librement promis. Une alliance, un collier, une décoration symbolique ou des lettres sont autant de promesses.

Dans les temps anciens, une communauté, les familles, une nation, célébraient des anniversaires et organisaient une fête à partir de leur engagement communautaire, familial ou national. Cela existe toujours, mais gare au ‘formalisme’.