Rire a chez un humain quelque chose d’un peu fou, presque sans contrôle. Une bouffée de rire. On éclate de rire, un rire épais, un rire grossier, un rire fin, amusé, parce que pas prévu, bien élevé.
Le rire puise dans toutes les ressources du corps d’un homme et d’une femme.
Souvent, il est provoqué par une situation cocasse et inattendue. Il s’engouffre dans une rupture de la normalité comme s’il voulait la combler. On se tord de rire.
Il est même parfois totalement somatique. Par exemple, le fruit de la « chatouille » d’un petit enfant caressé par sa mère.
Le rire moqueur est tout à fait condamnable et toujours déplacé. On ne rit pas d’autrui, on en sourit. Le rire incongru est un vrai défaut. Il ridiculise ou souligne une faille involontaire.
Parfois, le rire est si vigoureux qu’il provoque des larmes. Il va chercher profond et provoque un débordement émotionnel. On ne s’attendait pas au burlesque d’une phrase, du choc des mots, de leur rapprochement (Devos) ou d’une situation. Souffle la burle de l’Auvergne : on ne s’y s’habitue pas, inopiné et rude, le rire prend à revers.
La vraie fête, délicate, amusante, reposante, ne provoque pas le rire mais le sourire et la ‘bonne humeur’. Quel drôle de terme ! Molière parlait des humeurs peccantes !
Au premier abord, mon oncle Hilarion ne nous paraissait pas bien nommé car il avait l’air sévère et les enfants que nous étions en avaient à tort presque peur.
Je ne peux pas terminer mes « lignes d’aujourd’hui » sans faire référence à ‘La soirée perdue’ de Musset. On jouait Le Misanthrope de Molière. Les propos d’Alceste lui arrachent ce vers : Et lorsque l’on vient d’en rire, on devrait en pleurer.
Et si les rires et les pleurs avaient en nous une source commune ?
14 février 2021
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