Publier

Pour rendre public ce que l’on a ânonné devant quelques-uns ou ce que l’on a partagé avec un petit réseau, il faut du courage et estimer que l’on peut ajouter aux sciences humaines, à l’élan actuel de la foi en Dieu et au trésor des Eglises chrétiennes. Tant de livres ont paru et demeurent aux rayons des librairies !

Cette démarche demande de vaincre sa paresse : dénicher un éditeur, relire, corriger et encore corriger les épreuves, faire des présentations chez un libraire, sont autant d’efforts qui bousculent la vie d’un retraité nonagénaire.

Il faut croire en plus à son originalité « écrivassière ». Bref, il vaut mieux laisser ce soin à ses héritiers qui jetteront ou publieront.

Publier, consiste à faire savoir, à afficher, à divulguer, à manifester, ce que l’on a cherché et formulé durant des années.C’est une sorte d’abandon et d’humilité : on se « livre », on signale son audace, on ose rendre public ce qui n’est qu’un secret balbutié.

C’est s’inscrire officiellement au nombre des témoins de l’histoire et de la fidélité au Dieu Trinitaire. Quelle audace de jeter à la volée des graines offertes à des moineaux gouailleurs ! On sort pour semer et les oiseaux picorent une bonne partie ; mais si un tout petit peu lève dans la bonne terre, ce sera que Dieu et des humains s’en seront chargés.

Dans ma bibliothèque, des manuscrits attendent le discernement et l’audace d’autres que moi. Ils jugeront et se concerteront ; ce qu’ils décideront sera ce que peut-être j’aurais dû faire.

Pardon de vous donner ce tracas ! Si, au contraire, vous décidez de ne rien publier, la déchiqueteuse affamée est à votre service.