Accueillir est un verbe qui a généralement un sens positif. Il a besoin d’un adverbe négatif pour dire que l’on a été mal reçu. Autrement, il véhicule la joie, il ouvre les bras, met le sourire aux lèvres, s’accompagne de quelques mots de bienvenue qui viennent du cœur.
Accueillir commence avec la vie. Un enfant est presque toujours bien accueilli. Consciemment ou non, un fils ou une fille est marqué durant toute sa vie par ‘l’accueil’ qu’il a reçu à sa naissance. Ce jour-là, commence pour lui ou pour elle un parcours d’accueil qui le rendra adulte, libre et heureux de se compléter par ‘l’accueil’ d’autrui et de son message.
Curieusement, le verbe accueillir n’a pas grande relation avec le mot cueillir, si ce n’est que l’on ne devient pleinement soi à tous les âges de sa vie, d’adulte ou de vieillard, que par la « maturité » offerte par les autres de toutes cultures.
L’éducation, la vie de couple et de parents, les loisirs, les livres, les spectacles, les collaborateurs du travail professionnel et le temps de la retraite sont occasion d’accueillir et d’enrichir sa libre personnalité.
En français, c’est le même mot qui désigne celui qui ‘vient’ et celui ou celle qui reçoit. Ce sont tous les deux des hôtes. Cela veut sans doute signifier que celui qui frappe à la porte et celui qui dit : « Soyez le « bienvenu » ! », sont enrichis par la ‘réciprocité’ du cadeau de l’accueil.
Les détenteurs d’un pouvoir et les ‘pétitionnaires’ s’enrichissent en s’accueillant les uns les autres. S’ils disent leur vérité particulière en s’écoutant et en faisant effort de se comprendre, alors la rencontre ne sera pas vaine et laissera des traces heureuses, même dans l’affrontement des ‘points de vue’ différents.
Au Parlement, opposition et majorité sont faites pour se parler, s’écouter et découvrir la part de vérité qu’elles détiennent chacune et dont il faut tenir compte pour le bienfait de la nation.
Dans les Eglises et les différentes communautés de ‘croyants’, il y a parfois une certaine tension qui rend sourd et nuit à la qualité de l’échange. Un vieil aumônier militaire me disait, il y plus de soixante ans : « Tu vois, dans l’Église, c’est comme chez les poissons : c’est la queue qui fait avancer la tête ». Ce langage trivial exprimait une profonde vérité de l’Évangile. Dieu seul est Amour et Vérité, les autres cherchent à s’en approcher en s’accueillant les uns les autres.
26 février 2021
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