On est au port. On discute ensemble de la prochaine traversée. Le cap est connu. Tout est prêt : machinerie, radar, provisions de toutes sortes, ont été vérifiés. Demain, on part ! On ne navigue pas sur un paquebot de luxe. Quelques passagers et une importante cargaison de natures différentes.
Le lendemain, on a embarqué, rompu les amarres, levé l’ancre. On est parti. Quelle sera la traversée ? On ne sait pas. Ici, il fait beau, mais là-bas, c’est l’inconnu. On verra bien. Pour le moment, on navigue.
Si vents, tempête, icebergs surviennent, nous ferons tout pour « traverser » sans encombre. Nous sommes solidaires à bord, chacun à son poste. Du commandant au moussaillon, tous ont confiance sur la manière dont l’autre assume sa fonction. Alors, lui, reste dans le calme et veille au bien être de tous : équipage et passagers.
Ces quelques lignes ne sont qu’une parabole. Je n’ai jamais pris la mer, sauf une fois pour aller et venir de Corse. En Europe, on circulait surtout en train, en voiture ou en avion. Mais je pense que ‘naviguer’ raconte mieux le parcours des humains. Sans doute, parce que le rapport au temps est différent et que le « flottement » est étrange et plein de risques.
Même arrivé au ‘grand âge’, on continue de naviguer. Il faut trouver un autre espace et se contenter de ‘caboter’. Mais qu’importe, j’ai été très heureux ! Chaque jour me permet de me souvenir de tant d’hommes et de femmes qui m’ont permis de naviguer sans encombre et même avec joie, jusqu’à aujourd’hui.
28 février 2021
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