Plaisir

Quand j’étais enfant, mes parents, monsieur le curé, monsieur le maire, m’apprenaient qu’à chaque demande adressée à quelqu’un, il fallait joindre une sorte de supplication : « S’il te plaît » ou « S’il vous plaît ». C’était un appel à leur volonté bonne et gracieuse. Donner et offrir se liaient à leur plaisir, source de bienveillance. Ainsi, à longueur de jour, le plaisir était évoqué.

En 2021, le plaisir est souvent synonyme dans le langage courant de « jouissance », de « contentement », voire de « volupté ».

Ce rapprochement est vrai, mais il ne faudrait pas oublier que le plaisir existe aussi et fortement dans « faire plaisir » que ce soit dans la préparation ou l’offrande d’un bouquet ou encore dans l’organisation d’une fête pour qu’elle soit source de joie pour tous les invités.

Je pense que le plaisir est une sorte de ravissement de ressentir la joie d’un autre. « C’est charmant » dit quelque chose d’approchant. On dit parfois que c’est un « régal », un « épanouissement », « une euphorie » de rendre heureux.

Le vrai plaisir est en fait toujours tourné vers autrui. Il donne de l’espace à la vie austère de la quotidienneté. C’est un ‘loisir intérieur’ en même temps que l’accueil d’un ‘proche’. Dans le plaisir, il y a une sorte de concordance entre plusieurs.

Mon ‘papier’ est un peu fouillis, mais c’est peut-être un autre aspect du plaisir qui n’est ni guindé, ni réglementaire.  Il jaillit du ‘cœur’. Dans le plus honnête plaisir se trouve une effervescence joyeuse. Comme l’amour mais autrement il est « enfant de Bohème qui n’a jamais connu de loi ».

Je crois que la foi chrétienne oriente vers le plaisir d’aimer tout un chacun et de viser à son propre épanouissement. Le voir être heureux, libre et totalement différent, est un vrai bonheur qui est le sommet et le fondement du plaisir.