Dans les temps modernes, le terme pitié porte en lui un nuage de pitoyable, de déplorable et peut-être une pincée de mépris. En tout cas, il n’équivaut pas au mot amour, plein d’affection, de tendresse et de proximité. Si je suis aimé, je ne suis pas jugé et encore moins condamné. On me prend comme je suis et l’on cherche à m’améliorer et à me conduire jusqu’à une vie terrestre de solidarité réelle et durable. L’amour ne me « penche » pas vers autrui, l’amour le met au même niveau que moi. Je suis heureux s’il progresse librement au point de devenir un vrai compagnon des « pauvres » qui combat, à sa manière, pour l’égalité et la justice.
Ce contexte me pousse à dire que Dieu ne prend pas pitié, mais qu’il nous aime sans limitation et que le parfait fait « alliance » avec l’imparfait que je suis, n’étant pas Dieu, mais un mortel bourré d’imperfections.
En Jésus, un homme, Dieu Trinitaire prend racines dans la race humaine ; sa présence sur terre nous révèle ce qu’est le véritable humain qui peut aller jusqu’au bout de l’offrande et la fidélité fraternelle.
Jésus nous entraîne dans sa Résurrection et nous conduit pour toujours dans la contemplation de la vie trinitaire si parfaite dans sa relation et sa réciprocité qu’elle s’accomplit dans l’Unicité, unique et parfaite de toujours à toujours.
Dieu n’a pas inventé « un purgatoire » pour nous ‘purger’ de nos imperfections. Son amour nous accueille et nous met en sa présence, il n’a pas pitié, il aime.
C’est à mon sens ce que nos liturgies devraient tenter de nous faire comprendre en bannissant aujourd’hui le terme pitié et en soulignant que nous sommes des « imparfaits » accueillis par amour si, toutefois nous recevons librement ce cadeau clément « en pente douce ».
20 février 2021
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