Bousculer

Par nature, les humains sont fragiles et mortels ; cela ne les empêche pas de vivre heureux et sereins. Parfois, au cours de leurs existences, surgissent des « bousculades » plus ou moins graves. Parfois terribles et inopinées, elles semblent anéantir le projet de vie : « On ne sait plus où l’on en est ». Heureusement « les bousculements » toujours contrariants ne sont pas toujours catastrophiques, n’effacent pas toujours la visée au long cours. D’autres fois, de simples « incidents » chahutent quelques heures et l’on reprend bien vite la reposante marche coutumière.

Ces six lignes ne sont qu’une introduction.

Maintenant, je voudrais développer le verbe bousculer.

Nous sommes bousculés presque tous les jours. Des petites contrariétés nous assaillent. Elles nous réveillent et nous invitent à nous reprendre en main. Parfois, elles nous aiguillonnent pour inventer des lendemains qui chantent. Elles nous tarabustent aussi et nous obligent à chercher une autre solution. Elles bouleversent les heures suivantes et nous apprennent une maîtrise de soi plus souple et à ne pas laisser tous les droits à l’habitude. Elles nous rudoient pour nous laver de nos tendances paresseuses.

Je pense aussi qu’être des « bousculés » nous apprend :

Je suis convaincu que la foi nous bouscule et ouvre en nous une brèche dans notre armure de rites, de pratiques pieuses et de phrases toutes faites. Elle nous livre à l’aujourd’hui trinitaire qui bouscule notre vie et nous plonge dans la réciprocité, l’altérité et la communion sans fin.