J’ai choisi ce verbe parce que je désire l’exorciser. Dans mon enfance, il a trop suinté, à mon avis, un arrière-goût de relation entre supérieur et inférieur !
Trois expressions jalonnaient nos journées :
Supplier ou rendre grâce à longueur de journée était bien, mais un peu trop.
Aujourd’hui je me rends compte que la politesse n’était pas le seul but de la bienséance, mais un désir de nous ouvrir à la Vérité.
Si nous ne demandons pas, il risquerait de nous manquer un regard clairvoyant sur ce qu’est la vie fraternelle. Demander l’audace et le courage pour guider le partage est une des bases de la juste démocratie.
Supplier ne peut que s’adresser à Dieu dont l’amour et la bonté ont fait Alliance avec nous. Le supplier de nous montrer sa miséricorde renforce notre désir de mettre dans le monde bonté, douceur et justice qui sont la base et la source de la fraternité et de la laïcité.
Demander à Dieu est normal. Mais, dans sa tendresse, il nous fait comprendre que nous sommes capables de réaliser humblement ce que nous lui demandons. Souvent, en fait, nous ne sommes que des paresseux mystiques ; nous lui demandons des choses qu’il ne veut pas faire car elles sont de notre ressort. Il nous aime trop. Il a placé en nous sa confiance et, par Jésus, son courage et, par son Esprit, son élan.
22 février 2021
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