Il existe une bonne audace qui conduit à entreprendre avec des risques d’échec. Mais le présomptueux se situe outre mesure et il exagère. « Il pète plus haut que son derrière ». Son jugement est faussé. Il s’estime plus habile qu’il n’est en réalité et néglige l’humble prudence qui ouvre l’avenir en tenant compte du possible personnel.
Chacun doit mettre en œuvre ses capacités inventives, mais rester dans le domaine qu’il connaît le mieux pour le mettre au service de la société. L’humble audacieux, pour réussir, se faufile et n’écrase pas : sans cesse, il suscite. Il est efficace parce qu’il sait quelle preuve de réussite il est capable de fournir. Son passé engendre son avenir.
Il est social et non présomptueux. Il s’associe pour rendre demain meilleur qu’hier en marchant à son juste pas. Il ne rêve pas de chimères ; son repos réflexif est la garantie de ce qu’il entreprend.
Le présomptueux échoue. Ses réussites sont précaires, voire illusoires ; il lui manque le souffle propre aux longues étapes. Il n’a pas mûri son projet. Il a simplement ‘bajaflé’ : « Vous allez voir ! ». Mais on n’a rien vu.
Je pense avoir constaté que le « présomptueux » est souvent péremptoire. Il affirme et refuse la discussion. Il n’aime pas réfléchir avec d’autres. Il assène son point de vue qu’il prend pour la seule vérité. Il parle souvent de ce qu’il ignore et il n’a aucune preuve à l’appui de son discours tranchant.
Il navigue dans le flou tumultueux, mais ce ne sont souvent qu’affirmations d’autant plus fortes qu’elles ne reposent que sur des apparences. Ceux et celles qui sont péremptoires ressemblent beaucoup aux bateleurs de foire ; l’avalanche des paroles et le ton intransigeant creusent leur tombe.
« Délivre-nous, Seigneur, de tous les beaux parleurs qui débitent des prétendues vérités et ouvre-nous à la douce efficacité du souffle de l’ Esprit ».
Le Verbe est autant Silence que Paroles…
16 janvier 2021
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