Identité

Qui suis-je vraiment ? « Je » deviens sans cesse. Avant de m’en remettre totalement à Dieu par « mon passage », le temps, l’espace et l’humanité me façonnent.

Je suis né laïc. J’ai un état civil. Je suis venu homme ; mes parents m’ont chéri en me donnant un nom et un prénom. Ils m’ont inscrit dans une lignée. Ils m’ont offert d’être des leurs. Ma sœur et mes frères m’ont entouré de leur tendresse et m’ont beaucoup appris.

J’ai grandi et, depuis plus de soixante-dix ans, j’ai une carte d’identité personnelle. Je la regarde : elle me donne des renseignements, elle me situe comme citoyen de l’État français. Je suis né à Saint-Cyr. Madame Chazotier, la sage-femme, m’a tiré du sein de ma mère, Anne Marie Fleurie, et mon père, ému de sa paternité, me reconnaissait : « C’est bien mon fils. Comme moi, il sera un Montfalcon ».

Ma carte d’identité est un peu ‘moderne’ ; elle donne mon adresse actuelle. Elle est à jour ; de plus, elle affiche ma « binette ». Mon parcours de citoyen est signé de ma propre signature. Je reconnais vrai mon état civil.

Cela est objectif : tout le monde peut le contrôler en allant consulter les registres de la mairie ou de la préfecture.

Mais qui suis-je vraiment ? Les registres de la paroisse de Saint-Cyr donneront aussi des renseignements : je suis catholique, confirmé et ordonné prêtre.

Mais qui suis-je encore ? Les registres de l’archevêché de Lyon ajouteront sans doute des précisions. Je doute qu’elles soient justes !

Mais au delà des registres, de la presse lyonnaise et de Google, qui suis-je en ce 1er janvier 2021 ? Je ne sais pas exactement mais ce que je peux affirmer, c’est ce que les ‘Autres’ m’ont donné par leur confiance et leur amitié un surcroît de bonheur. Ils furent mes maîtres et m’ont tout enseigné. De surcroît, ils m’ont donné du courage ; grâce à eux, j’ai pu prendre des initiatives qui n‘ont pas bouleversé le monde mais ont contribué à faire de moi un homme étrange et insaisissable, apprenant chaque jour quelque chose de nouveau.

Je crois pouvoir écrire qu’ils m’engendrent tous les jours ; bien que je leur échappe, ils me construisent, m’édifient, me charpentent, me polissent.

Ce que je suis, je le pressens mais l’ignore, C’est peut-être un secret qui ne me concerne pas…