Chaque jour, l’inévitable « ridicule » traverse nos vies. Il naît de notre condition humaine. Par moment, il énerve et agace ; il tient pourtant le rôle indispensable de révélateur de l’incohérence risible et vaudevillesque de nos journées.
Souvent aberrant, il surgit en nous et autour de nous. Son caractère absurde et saugrenu se rit de nous et nous adresse un pied-de-nez. Si nous dépassons le désagrément occasionnel, il devient amusant. C’est un moment de comédie dans le tragique et le sérieux de nos existences souvent monotones et répétitives. On peut en rire comme on peut en pleurer.
Il est préférable de choisir d’en accueillir l’aspect plaisant, voire précieux, qui nous fait tomber des fauteuils dans lesquels nous sommes engoncés. Pour notre bonheur, le ridicule nous désinstalle et nous précipite dans la ‘rupture’ d’un sérieux sans mélange, étranger aux humains .J’ose donc écrire qu’il est ‘précieux’ en ce qu’il nous permet la détente.
Le ridicule peut venir d’un mot qui a manqué sa cible, d’un défaut de prononciation, d’un geste maladroit ou tout à fait inapproprié. Si nous pouvons en rire ou au moins en sourire, nous avons gagné !
Le ridicule n’a pas de place dans les événements douloureux que nous vivons. Il vaut mieux l’éviter ou ne pas le voir ; mais, lorsqu’il surgit à un moment très sérieux, il offre une pause pour un redémarrage approfondi. Il perd alors son caractère affligeant pour devenir simple et cocasse.
Une fois, dans une église, au moment où je prononçais un discours de mariage, un chien est entré. Il a remonté la nef en flairant de-ci de -à pour trouver son maître. Le futur époux s’est dérangé, a pris le chien par son collier et l’a reconduit jusqu’à la porte. Ce n’était ni grave ni mauvais. C’était étrange, imprévu. Ce ne fut pas ridicule car l’affaire se mena avec tant de sérieux et de bonhomie que j’ai repris la parole après la pause de détente.
Faire face adroitement au ridicule le transforme en moment plaisant.
9 janvier 2021
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