J’ai rencontré un étranger « étrange ». Il n’était pas comme les autres personnes rencontrées habituellement. Il avait quelque chose de particulier qui le rendait différent. Il bouleversait mes catégories intellectuelles. Il déboulait en moi et creusait une place qui lui était propre. A plus d’un titre, il dérangeait ma manière de voir, d’écouter, de comprendre et d’accueillir. Il était « singulier » et charmant dans son « étrangeté ».
Cette rencontre m’a fait découvrir le mot « étrange ». Maintenant, il signifie pour moi : insolite, inaccoutumé, curieux, imprévu, surprenant. « L’étrange » dont je parle est une « surprise ». Il suscite « l’étonnement », mais aussi « la reconnaissance ».
Mais, dans le fond, chaque personne est étrange. Si l’on y prête attention et que l’on soit un brin disposé à l’accueil, chaque rencontre – étranger ou non – apporte un bouquet des fleurs rares cueillies au cours de leur existence personnelle.
La chance et le bonheur de ma vie ont surgi des rencontres que j’ai faites. Ces hommes et ces femmes, croyants ou athées, m’ont fabriqué et ouvert à une sorte de bienveillance, pour ne pas dire de communion avec l’humanité. Ils ont participé secrètement à ma construction intérieure. Sur le moment, je ne m’en suis pas toujours aperçu, mais le silence et la ‘retraite’ me permettent de revivre ces rendez-vous de personnes étranges, dotées d’un message propre à leur histoire.
La différence des personnes selon leur culture, au lieu d’être source de conflit ou de suspicions, peut contribuer à la grandeur des humains.
Le mot ‘étrange’ porte en lui-même une proposition d’ouverture et de félicité. Il combat nos égoïsmes et nos instincts de supériorité. Par l’attention qu’il suppose, il ouvre en soi un ‘appétit’ et ouvre un « espace » qui ne demande qu’à être comblé.
» La Vérité est toujours étrange « (Lord Byron)
21 janvier 2021
Article précédent
Progressif
Article suivant
Réparer