En polissant l’adjectif « progressif » pour lui redonner de la brillance, j’ai retrouvé une phrase du philosophe chinois Confucius (551 ans avant JC). Parce qu’elle m’a beaucoup éclairé, je la cite :
« Celui qui ne progresse pas chaque jour recule chaque jour ».
Je pense en effet que celui ou celle qui choisit de s’enfermer en lui ou en elle se met en un enfer dont il ne pourra sortir, « confiné » pour la vie entière.
En effet, « aujourd’hui » porte en lui la force de demain.
« Progressif » repose sur une ‘visée’ personnelle où, chaque jour, on s’efforce d’avancer. On se situe dans le pas-à-pas : « A chaque jour suffit sa peine, sa demi-lumière et son cantique » (Henri de Lubac) . Pour être constant dans le « progressif » et éviter l’essoufflement, il faut savoir se graduer, s’adapter à son tempérament, tantôt se tempérer, tantôt s’efforcer. La marche en avant suppose un discernement simple sur ses propres forces courageuses. On part et on verra. On fait confiance à l’avenir. On va !
On s’inscrit dans l’ascendant pour croître, mais avec la pédagogie ‘bon enfant’ de la « progression » cachée dans le mot ‘pèlerin’. On ‘va vers’, sachant aussi faire étape sur le bon chemin pour avancer plus allégrement vers le lendemain. On s’achemine selon sa ‘juste force’. On raconte que, dans le manuel du soldat, il y avait, parait-il, une question : « De quoi sont les pieds ? » La réponse déconcertante était selon la légende : ‘L’objet d’un soin constant’. Pas de course échevelée, mais une avancée paisible et courageuse, si l’on désire avancer progressivement sur le long chemin chaotique d’une vie et arriver au terme en bonne forme.
Lente ou rapide, la mort met un terme au progressif. Seule la vie humaine sur terre s’effectue en principe par étapes emboîtées judicieusement l’une dans l’autre : enfance, adolescence, maturité, vieillesse, grand âge. On change et on change encore. Le progressif est à l’œuvre. Chrétien ou non, on arrive au définitif. Accueil de Dieu pour toujours en Vie sans fin et comblée. On arrive inéluctablement à la fin d’un parcours « progressif » : un bien grand mystère que l’éternité bienheureuse !
Si chacun le désire en toute liberté, l’amour de Dieu accueille chacun et tous. Le tri et le progressif n’existent que sur terre.
24 janvier 2021
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