Diriger

Ce verbe m’intrigue tant il est sur terre courant d’air. Il y a tant de manières de bien ou mal diriger ou encore d’être despote.

Peut-être que j’erre complètement, mais je crois que Dieu ne dirige rien. Il est l’Amour, il est une « source ineffable » qui offre gratuitement son eau. Il accueille ses affluents et les entraîne vers les grandes eaux des mers ou des océans, images des routes de l’infini.

Pour vivre ensemble et déchiffrer les trésors de l’univers, les humains ont besoin de dirigeants qui calment leurs appétits ou, au contraire, les stimulent.

C’est alors que sous « diriger » se cachent des formes multiples, opposées entre elles, depuis acheminer, éclairer, animer, éduquer, orienter, entraîner, donner le cap, jusqu’à piloter, administrer, gouverner, commander. Les régimes politiques se différencient ou se cachent derrière des désirs de puissance.

Pour moi, le terme « présider » devrait être le meilleur de tous et se mettre en place le plus souvent possible. Le Président et son équipe aiment la démocratie et concourent au bonheur et à la « grandeur » du peuple.

J’aime beaucoup le terme de « Pacha » lorsqu’il désigne le « capitaine de vaisseaux » cinq gallons pleins, qui n’est pas le ‘barreur’ qui tient le gouvernail, ni celui qui anime l’équipage et surveille les machines. Le « Pacha » est là pour les coups durs et vérifier que l’on tient bien le cap et que tous veillent, que chacun, à sa place, concourt à l’efficience de l’autre.

Dans notre diocèse, Albert Decourtray fut un des évêques le mieux adapté à ce ministère ingrat. Il faisait confiance à chacun de ses collaborateurs et savait les reprendre avec douceur et bonté dans les larges avenues du pouvoir.

A sa mort, pendant une dizaine de mois, je lui ai succédé à la tète du diocèse de Lyon. J’avoue que c’est à ce poste que j’ai eu le moins de travail. Tous les matins, mes collaborateurs se réunissaient avec moi ; chacun parlait à son tour et vérifiait ses occupations pour la journée après avoir évoqué son travail d’hier.