Un soir, avec mon frère Henri, nous discutions. Il était à la retraite et moi au plein moment de ma recherche théologique. Nos différences apparaissaient clairement. A court d’argument, mon frère reprenant le verset 24 du chapitre 26 des Actes des Apôtres me dit : « Mon frère, ton grand savoir t’égare ! » Les mots de Festus s’adressant à Paul de Tarse conclurent les discussions de ce jour.
Le verbe « égarer » m’est demeuré en mémoire. Il ne s’agit plus seulement du verbe égarer qui est à peu prés équivalent de perdre. J’ai égaré mes clefs, je les cherche.
Aujourd’hui, ma recherche va plutôt porter sur le sens : je m’égare, je suis perdu, troublé, affolé. A la limite d’avoir perdu le sens de l’existence. Je ne sais plus où diriger mes pas. Plus je cherche, plus mon isolement m’étouffe, plus je tourne en rond.
Comme dans une forêt épaisse, j’ai perdu le chemin. Je ne sais plus où aller. Je me suis fourvoyé. J’ai perdu mes repères.
En fait, ce n’est pas grave car mes amis me chercheront. Ils crieront : « Où es tu ?». Au son de leur voix, je me guiderai vers eux. Je retrouverai mon équilibre pour me diriger et sortir de la crainte démentielle qui met en action la panique aveugle. Je retrouve le Chemin en inventant mon approche selon l’appel de mes proches. La sécurité me revient. Je vais et vais mieux. Les bois du Marquis de la Quiche ne m’ont pas « possédé ». Je ne suis plus esseulé mais en direction de leur côté.
On peut « s’égarer » dans une vie broussailleuse. Ce n’est pas gravissime si des amis fidèles crient : « Où es-tu ? » Ils me redonneront confiance en moi et j’aurai assez de voix pour leur répondre : « J’arrive ! »
Joie des retrouvailles.
22 mars 2021
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