J’ai toujours admiré la charpente d’un édifice. Il me semble que c’est elle qui « couronne l’œuvre ». On avait appris en sixième « finis coronat opus » que nos esprits gamins s’amusaient à traduire par « La faim fait courir la puce ». Ce n’était pas malin !
Arrivé à l’âge adulte, j’ai eu l’occasion de voir des charpentes dont celle de la basilique de Fourvière. Le drame de Notre Dame de Paris nous a permis de considérer la charpente épargnée par le feu. Magnifique ! Je sais maintenant que la charpente n’est pas seulement pour achever le bâtiment par un toit, mais pour maintenir la cohérence de l’ensemble et solidifier l’édifice pour qu’il résiste aux caprices de la nature.
A partir de là, j’ai tourné autour du thème : Charpenté.
Un prêche bien charpenté tient en éveil les paroissiens.
Une thèse bien charpentée convainc le jury.
Une plaidoirie bien charpentée fait réfléchir les magistrats.
Une personne bien charpentée n’est pas qu’une affaire de muscles ou de proportions. C’est quelqu’un qui se tient debout et parle d’une manière choisie et cohérente pour convaincre et faire réfléchir.
Les charpentes sont généralement cachées. Il faut être autorisé et accompagné pour juger du travail, de la solidité, de la force et de la cohérence. Admiration.
Les architectes et les charpentiers inventent un ‘entrecroisement’ qui assure solidité et beauté.
En écrivant ces lignes, je découvre pourquoi Saint Joseph était qualifié de « charpentier » par les évangélistes. Ils n’en savaient peut être rien, mais avaient certainement compris son rôle discret et caché dans la sauvegarde de Jésus.
19 décembre 2020
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