Aristote fonda une école philosophique qui s’appela Les Péripatéticiens. Ils « allaient et venaient », marchaient de « long en large » sans projet précis. Ils n’allaient pas « ici où là » avec un projet limpide ou une mission précise à accomplir. Ils ‘déambulaient’ pour rien sauf pour réfléchir et peut être élaborer une pensée.
Dans le Deutéronome, on trouve la phrase curieuse : « Car le Seigneur ton Dieu lui-même « va et vient » (Dt 23,15). Dans le Nouveau testament, Marc et Jean notent trois fois que Jésus « va et vient » dans le Temple.
On pourrait dire d’une manière tout à fait déplacée que ces ‘illustres’ baguenaudaient en réfléchissant au pour et au contre. En marchant, ils déterminaient intérieurement leur position et attendaient qu’elle mûrisse.
Dans notre siècle utilitariste, on ne va plus de « long en large » en marchant sans autre but que celui d’établir une pensée et peut-être déterminer une action.
Je retire de ces expressions une sorte de souffle intérieur qui se cherche et se construit gratuitement ou pour agir.
A Lyon, le long des quais ou au Parc de la Tête d’Or, on rencontrait parfois des hommes et des femmes, qui, se reposant des tracas de la vie, prenaient l’air de la liberté. Ils ne faisaient pas d’effort pour réfléchir, ils mettaient leurs neurones au repos mais leurs méninges travaillaient en silence et en secret. Ils marchaient pour rien ; ils accueilleraient simplement ce que ‘RIEN’ leur aurait suggéré. Ils en feraient un bouquet qui ne se fanerait pas.
Il se trouve, qu’après de longues années de travail, la retraite ouvre des portes à une pensée d’ordre philosophique ou religieux. C’est un moment délicieux ; ce que les soucis avaient entassé dans les replis de la mémoire se libère et prend forme. Joie et paix débordent. C’est le moment d’ajouter quelques notes ‘conjointes’ à notre testament devant notaire sur ce qui a été parmi nos préoccupations, nos dernières « volontés ».
Maintenant c’est le temps du calme. Si la souffrance ne s’invite pas en trouble-fête, profitons de cet ultime cadeau pour « aller et venir » et ADVENIR.
3 janvier 2021
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