A la chasse, je me suis vu dans l’obligation « d’achever » du gibier que mon fusil n’avait pas tué. Aujourd’hui, dans mon exercice des trente lignes quotidiennes, je ne retiens pas cette honteuse (!) signification.
Pour préciser l’orientation que je désire prendre ce matin, je partirai des derniers mots de ma mère mourante : « J’ai mené à bonne fin mon travail, maintenant je l’ai achevé ». Admiration.
Les chrétiens croient qu’à la fin de leur parcours, leur vie n’est pas ôtée mais changée. La mort est une nouvelle naissance, « une renaissance. Mourir et Renaître ne font qu’un. La beauté d’une personne humaine se transfigure pour toujours dans la proximité de Dieu.
Les chrétiens ne sont pas les seuls à confesser cette foi ; d’autres religions ont avec nuances cette croyance. Reste qu’il faut parvenir à cet « achèvement » pour ne plus croire mais voir. Il n’y a plus ni de temps, ni d’espace ; la personnalité de la personne s’épanouit pour l’éternité. A la mort, l’action s’arrête, demeure le seul bonheur d’aimer.
Sur terre, tous les humains connaissent déjà la joie de parvenir à des ‘achèvements temporaires’ qui sont des sortes de portes qui s’ouvrent du côté de la liberté. Examen, vie matrimoniale, vie communautaire, beauté de la nature, service d’autrui, découvertes scientifiques… sont autant de joies qui préparent à goûter l’achèvement suprême de la mort. D’autres diraient du ‘Passage’.
Le parcours d’une vie terrestre connaît aussi des échecs et toutes sortes de désappointements. Ca fait partie de la règle du jeu ; il faudra s’y prendre autrement et tracer un autre sentier qui aboutit aussi à un achèvement parfois imprévu mais pourtant véritable.
Achever fait partie de la condition des humains. La liberté, la bonté, l’amour conduisent toujours à une ‘fin’ heureuse. Elle est pleine mais pas absolue.
16 mars 2021
Article précédent
Hausser
Article suivant
Combattre