Un bébé n’a pas ou presque pas de passé.
Un vieillard âgé de quatre-vingt-douze ans n’a qu’un passé et pas d’avenir.
Ce que j’ai fait pendant les années de mon ministère m’ont marqué profondément.
Je suis aujourd’hui ce que j’ai vécu avec intensité pendant soixante-huit ans.
Même si mon enfance et adolescence m’ont façonné, le cours de ma vie m’a plongé dans une nouveauté heureuse et créatrice
Dans l’EHPAD où je demeure avec plaisir et reconnaissance, je n’entends pas être traité d’une manière infantile. La compétence et la bonté des soignants leur donnent une autorité certaine. Les religieuses et les cadres de « Ma Maison » dont l’accueil est prodigieux et respectueux doivent avoir une certaine autorité sur mon existence de vieillard, mais ils n’ont aucun pouvoir sur ma personne. Ils me reçoivent avec respect et gentillesse, tel que je suis devenu par les relations extraordinaires que j’ai vécues dans ma vie presbytérale. Je ne suis pas mieux que les autres, mais différent, et je ne peux pas marcher au pas.
Je suis un insoumis qui a besoin d’une autorité pour le guider pour son bien et sa paix. Je leur refuse tout pouvoir et je souhaite que rien ne me soit imposé sans dialogue préalable et invitation à entrer dans une obéissance. J‘ai besoin de comprendre « pourquoi » l’on me demande ça !
Cela suppose pour le moment que je reçoive tel ou telle qui m’explique ses orientations et qu’après mes questions et mon consentement, j’entre dans une sérénité obéissante.
Bien sûr, je suis à moitié sourd et les responsables ou soignants sont surchargés de travail ; de plus, ils doivent parer aux urgences. Mais je suis un « insoumis » parce que ne suis pas un « esclave » incapable de comprendre et juger si ce que l’on me demande est un bien pour moi et celui de « ma maison ».
On doit pouvoir y parvenir sans que cela soit une révolution. Il suffit que nous nous expliquions, prenions un peu de temps pour parler, nous écouter et n’ayons pas dans notre conscience et notre cœur des schémas préétablis et intouchables.
21 décembre 2020
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La lecture me devient pénible