En chantier de lecture, plusieurs livres. Malgré l’intérêt, je n’arrive pas à lire huit ou dix pages à la suite. Le sommeil me gagne. J’ai pourtant hâte de finir l’ouvrage intéressant et je n’avance pas. Les yeux me cuisent, Je suis dérangé par la visite d’un soignant, J’ai envie d’entendre une émission politique ou sociale de la télé. C’est l’heure de la messe, c’est le moment des repas…
Mille bricoles m’arrachent à la lecture à moins que ce ne soit le grand âge qui me rende instable et bougeon.
Actuellement, j’ai plus de facilité à écrire qu’à lire. Pourquoi ? Je ne sais pas bien. Parce que, peut-être, rédiger me rend auteur. Trouver des mots, fabriquer une phrase, répondre au besoin de faire mémoire, de redonner vie à mon passé pour qu’il ne se perde pas, me captive. Un besoin de laisser un héritage ou de lancer un appel, autant de pensées qui me tourmentent. Pour moi, aujourd’hui, l’écriture est une action, tandis que la lecture est une procuration à un autre pour qu’il me tienne en haleine sur une aventure que je ne vivrai sans doute pas. J’ai le sentiment trompeur qu’en lisant, je ressasse ce que je sais déjà. La lecture met de l’ordre dans mon passé, mais l’écriture est un travail assidu pour achever ma vie. C’est encore une action et une offrande ou un « commerce » avec autrui.
7 décembre 2020
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