Je n’aime pas manquer, ni être pris au dépourvu. J’aime que les « choses » soient là quand on en a besoin. ‘Provision’ et ‘prévoir’ sont de la même famille. Ces deux mots sont nourris par la « liste des commissions » que rédigeait la bonne maîtresse de maison, pour que tout soit là « au bon moment » et que sa « modeste gestion » ne soit pas critiquable. Que tout soit bien disponible et rangé toujours à la même place pour s’en servir avec utilité. Rien de pire que l’affolement. La honte d’une cuisinière serait de ‘manquer’ de sel ou de beurre.
Gérer adroitement les provisions était le propre de la « maîtresse de maison ». S’il n’y a rien pour le repas, on téléphone à un livreur de repas tout faits. Mais ce n’est pas un bon point. C’est un rattrapage pour contenter les affamés qui, de nos jours, sont habitués à se nourrir à la diable à la cantine ou au restaurant de l’entreprise
J’ai fini de parler du passé. Mes regrets sont vains. Tout en courant à son travail, l’épouse crie à son mari : « N’oublie pas le pain ! ».
Heureusement, il y a les grandes surfaces où l’on va remplir le coffre de la voiture pour toute la semaine qui vient. Vive le frigidaire et bien heureuses les viandes empaquetées sous vide ; l’un et les autres sauvent de la disette domestique.
« Castigat ridendo mores ». Mon billet mélange les genres. Je suis parti d’une réflexion à base psycho-philosophique pour déboucher dans le concret du journalier. Peut-être que nos pratiques quotidiennes révèlent une mutation de civilisation ou des pratiques familiales totalement nouvelles. A moins qu’il ne s’agisse d’une manière d’être ou d’un tempérament…
17 novembre 2020
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