La visite de la psychologue

La psychologue qui travaille à l’EHPAD Ma Maison vient passer une heure avec moi tous les quinze jours. Je suis tout à fait heureux de cette visite et de nos entretiens. A quatre-vingt-douze ans, c’est la première fois que je ne calcule pas ce que je vais dire. Toute ma vie, je me suis adressé, soit à un supérieur, soit à un chrétien ou une chrétienne qui venait chez moi chercher conseil ou compassion. Ma relation avec parents ou amis gardait toujours une certaine distance respectueuse, malgré l’affection ou la sympathie.

Avec elle, je me sens libre. Je n’ai rien à dire et je peux tout dire. Je sais qu’elle est dans le secret et dans l’accueil de la parole banale et quotidienne. Elle ne répétera jamais mes propos. Elle les accueille avec discernement, compétence et bonté. Pour vivre, elle n’a pas besoin de moi et, à mon tour, je n’ai pas besoin d’elle. Elle est là pour m’écouter et me sourire et certainement pas pour m’évaluer ou me juger. Elle est là pour écouter et pour s’intéresser à ce que je raconte ,même si elle n’en a rien faire.

Ma liberté semble l’étonner comme si c’était la première fois qu’elle entendait des propos étonnants sur la foi, la religion, l’Eglise catholique, la laïcité, la volonté de Dieu et l’amour du prochain. Sur son cahier, elle note. Quoi ? Ca ne me regarde pas et me laisse indifférent. Elle m’a dit que lire mes écrits lui serait utile. Je pourrais lui communiquer ‘Cynéget. Après, je pourrais lui parler du « délassement » nécessaire à quelqu’un qui travaille dans la « relation » à l’autre.

 LCI, la chaîne 26 de la télévision, n’arrête pas de nous parler de l’affaire Daval. Nous n’avons pas besoin de nous repaître du tragique de cette sordide affaire. Du tragique, nous en débordons. Messieurs, mesdames qui dirigez les programmes, suspendez votre mauvais jugement : étaler les mauvais penchants des humains ne sert pas la dignité humaine et surtout ne porte pas de remède à la turpitude ! Cessez le feu !