Le 30 novembre 2020, je suis retourné à L’hôpital Lyon Sud des HCL pour consulter un médecin spécialiste. Depuis deux ans, je n’étais pas allé à ce que l’on appelait jadis Jules Courmont. Ce n’est plus un hôpital, c’est une « ville où l’on soigne ». Il y a même une université de médecine ! Malgré les panneaux-indicateurs, on peut en voiture faire trois fois le tour du « village » sans trouver la sortie…
Avant de parvenir à l’autre bout du « couloir d’attente », face au box 18, j’ai dû visiter trois ou quatre petits « cagibis » où grouillaient des femmes en blanc qui allaient et venaient d’un écran à l’autre, sans me regarder ni rien m’expliquer. J’ai compris après que ce qu’elles tapotaient sur leur clavier allait s’inscrire automatiquement sur les écrans du médecin consulté. Tout était bien réglé et s’agençait dans un silence cartusien. La précision y gagnait certainement, mais la psychologie du patient faisait naufrage…
Au secrétariat dit d’accueil, à peine arrivé, par un bras passé sous un écran en plexiglas, la secrétaire avait pris ma température sur le front. D’un signe de tête, elle me fit signe que je pouvais aller plus loin. Avec Marie Antoinette qui avait rempli une « attestation », nous sommes partis à l’aventure avant d’échouer au box 18.
Là, pas de nom sur la porte, seulement un numéro. Une pancarte disait simplement qu’il fallait patienter.
C’était, en effet, un avertissent bien utile car j’ai attendu quatre-vingt-dix minutes avant que ce soit mon tour.
Je connais bien ce médecin. Elle est non seulement compétente, mais délicate et avenante. Mais aujourd’hui, peut être lasse, elle me parla à peine. D’ailleurs pas besoin de parler ensemble : ses écrans ont déjà tout dit. Toutefois, lorsque je lui demandai des nouvelles de son fils adoptif, elle sortit son portable pour me montrer un garçonnet souriant.
Elle m’ausculta sans dire un mot. Toujours muette, elle regarda mes pieds et mes jambes. En souriant, elle me conseilla de manger des mandarines plutôt que des bananes.
Avec des mots aimables, elle m’accompagna jusqu’à la sortie du box.
C’est vrai que je suis sourd et qu’elle m’a peut-être beaucoup parlé et donné de sages conseils, Marie-Antoinette qui assistait au spectacle m’en dira plus, certainement !
Les écrans vont-ils tuer la relation ?
24 décembre 2020
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