Descouvremont Pierre

Thérèse de Lisieux et son prochain », Le Cerf, 2003, 333 p.

Ce livre est à la fois un tantinet « gnian-gnian », énervant et passionnant.

L’auteur qui connaît bien la vie et la sainteté de Thérèse de Lisieux me semble dans cet ouvrage trop « servir réchauffée » sa thèse de doctorat vieille de 44 ans. A mon avis, il n’a pas assez pris de recul avec la littérature thérésienne des années 1950. Certaines de ses phrases ouvrent des perspectives très intéressantes, mais le filon n’est pas exploité et l’on tombe trop facilement dans un jus pieux.

A mon sens, Thérèse, imbibée de la culture religieuse de son temps, marquée par son histoire personnelle, est aussi une jeune femme d’une fragilité affective surprenante.

Malgré tout cela, sa spiritualité conduit à une véritable intimité avec le Christ. Ses écrits, son offrande, ses choix, ses attitudes, sa relation aux autres, méritent une attention. Son message, quoique marqué par son temps, son tempérament et le monastère du carmel de Lisieux, apporte un souffle d’éternité indubitable. Elle incarne l’Evangile. Elle plonge dans l’éternité la contingence de chaque jour. L’amour fait en elle la vérité et la lave de toutes les scories de la jalousie.

Je ne regrette pas d’avoir parcouru avec l’auteur la « petite voie » de Thérèse Martin. Je souhaite que beaucoup s’imprègnent de la démarche amoureuse de cette jeune religieuse et tentent aujourd’hui, dans d’autres circonstances et dans un autre contexte, d’ouvrir un chemin d’altérité inspirée de la relation trinitaire.

Notices bibliographiques

29 novembre 2004