Il est, pour beaucoup, un phénomène économique mais, pour un grand nombre, il est une plaie ouverte qui les a atteints lorsqu’ils étaient en pleine santé, jeunes ou moins jeunes !
On attrape le chômage comme on attrape la grippe… On ne sait pas bien pourquoi ; cela vous tombe dessus sans que l’on y soit pour quelque chose !
On devient chômeur comme on devient malade. Et l’on ne sait pas bien quand on va guérir. A l’imprévu succède l’incertain.
Lorsque l’on est célibataire et que l’on n’engage que soi, c’est déjà très difficile à vivre. Mais lorsque l’épidémie terrasse un homme ou une femme à responsabilité éducative, chargé de faire « bouillir la marmite de la famille », la souffrance est terrible.
A celle de se sentir « bon à rien » – puisque la société n’emploie plus ! – s’ajoute l’angoisse de faillir au contrat tacite que l’on a fait avec de jeunes enfants lorsqu’on les a mis au monde.
Les chômeurs courent les places et l’Agence nationale de l’emploi comme l’on court les médecins et l’hôpital !
Tout est bon pour guérir et les quelques monnaies que prévoit la loi ne sont que des sursis : « Docteur, j’en ai pour combien de temps ? »
– « Si rien ne se produit, douze mois au maximum ! »
Je n’avais jamais tant compris que « chômage » et « maladie » étaient deux plaies. Elles n’atteignent pas les humains d’une manière identique mais, dans l’un et l’autre cas :
Mon frère Rémy, à cinquante-quatre ans, sera chômeur le 30 juin au soir.
25 mai 1978
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