J’ai appris à lire et à accueillir la pensée et la parole des autres, anciens ou contemporains.
J’ai appris à écouter et me suis efforcé de comprendre.
J’ai appris à penser et à organiser mes sentiments.
J’ai appris à parler en public et à tenter de me faire comprendre.
J’ai appris à écrire et à formuler pour transmettre sur un papier ce qui vit en moi.
J’ai tout appris et me suis bâti au point de devenir « Je » au milieu de « Nous », les autres humains.
Je ne suis pas un être sans raison, ni conscience. Je suis ‘quelqu’un’ avec ses limites et ses grandeurs, mais j’ai décidé librement de choisir, de me profiler et de participer à l’aventure humaine.
Je suis entré dans un monde de relations et j’ai progressé en me trompant, en inventant, en créant au sein du risque.
J’ai gradué mon intimité, me suis livré, j’ai aimé une foule de personnes.
J’ai contemplé aussi bien que j’ai pu et me suis nourri de la nature. Le monde animal m’a révélé l’instinct, la ruse, le clan ou la meute.
Puis la beauté des paysages, de la musique, de la peinture, de la sculpture, de la littérature m’ont rapproché de l’art et j’ai reçu la subtilité humaine qui est un dépassement sans fin.
La rencontre de croyants m’a révélé la transcendance et le mystère de Dieu au sein de la laïcité.
La Bible, l’Évangile, les chrétiens confessants, m’ont initié à une démarche de foi, du Don, du Pardon, de la Miséricorde, de l’offrande, du respect des consciences, de la liberté sans honte, qui éclaire d’un « jour nouveau » permanent l’ambiguïté, mais aussi l’Amour qui unifie et approche du bonheur.
Tout cela, en se mêlant à ma liberté consciencieuse qui compte avec le temps, l’espace, la fragilité, la vieillesse et la perspective de la mort, m’a fait exister et m’a personnalisé.
Je suis situé dans un monde de réciprocité et de création. Où chacun contribue, tant bien que mal, à créer avec d’autres son époque, puis laisse parfois un souvenir.
Pour moi, la culture est une trace que suscitent et suivent les bonnes volontés passionnées du progrès qui ouvrent l’avenir et le rendent joyeusement habitable et libre.
Édouard Herriot disait : « La culture c’est ce qui reste lorsque l’on a tout oublié ». Je ne suis pas loin de penser comme lui.
18 juillet 2021
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