2. « Autrement » : deuxième étape

Elle fut courte : deux ans environ. De mes 16 à 18 ans.

Si j’avais à la nommer, je l’appellerais « Dialogue et Rencontre avec les gens du tram ».

Ce n’est qu’un titre pour ne pas écrire « Tout-venant ».

S’amorcèrent entre moi, 16 ans, et d’autres, des rencontres et des dialogues étonnants et vrais.

Je découvrais des hommes qui ne pensaient pas comme moi et ne priaient jamais.

Ce fut simple et sans apprêt. Je les tutoyais, ils me tutoyaient.

Nous parlions de tout et de rien. Tout semblait nous intéresser.

Ils m’invitaient à partager leur repas. Je connus ainsi leur épouse et leurs enfants qui avaient mon âge ou quelques années de plus ou de moins.

Je découvris ‘la famille’ vécue autrement que chez nous.

La simplicité s’installa. Nous osions parler politique, religion, syndicats, éducation.

Je pense que, comme moi, mais dans un sens inverse, ils étaient étonnés de rencontrer un grand ado quasi adulte qui s’essayait à se laisser connaître et leur révélait son projet d’entrer dans un séminaire dont ils n’avaient aucune idée, sinon celles du monde athée.

J’en retrouvais quelques-uns à la société de chasse communale.

Je me souviens que certains me poussaient à en devenir « secrétaire adjoint ».

Notre « camaraderie » se simplifia encore lorsque nous « chassions » ensemble ou que, chez la « Jeanne », nous racontions nos réussites et nos « ratés ».

Je me souviens que, lorsque j’ai tué mon premier lièvre vers le bois des ‘Fichournes’ et que je redescendais ‘triomphant’, beaucoup me dirent : « ça s’arrose ».

Une autre fois, j’étais planqué à l’affût dans les bois, face à Poleymieux. Quelqu’un me toucha l’épaule sans que je l’aie entendu venir. C’était ‘Dudu’. Il ne marchait pas, il volait pour ne pas faire de bruit et remplir son carnier.

Parfois, le dimanche après-midi, quand la chasse était fermée, j’allais jusque chez Manissier pour faire « une partie de boules ». Chez nous, on jouait au « croquet » !

Ainsi se construisit un « heureux complément à l’éducation parentale ».

La vie intellectuelle non seulement en pâtissait sérieusement mais s’effaçait dangereusement !