1. « Autrement » : première étape

A Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, nous n’étions plus des villégiateurs mais des habitants des quatre saisons, à part entière. Nous allions entrer dans un autre monde que celui de rue Déchazelle.

Il y avait du ‘pareil’ mais beaucoup de ‘différents’ et ‘d’autrement’.

En ce domaine, un bambin, grâce à l’école et à ses nouveaux camarades, va plus vite que ses parents ou que ses grands aînés. Il est rapidement « assimilé ».

Il se fait de nouveaux copains. Il apprend à parler comme eux. Et à voleter en bande, ça et là, comme des moineaux.

En les fréquentant, il découvre de nouvelles « pratiques » et sans doute de « nouvelles valeurs ». Son horizon s’élargit. Il a de l’espace pour devenir gamin, voire « polisson ».

La « maison » se complète par la « rue ».

Je racontais à mes parents mes découvertes ; ils étaient parfois attristés et souvent très heureux de cet « élargissement ».

Je pense aujourd’hui que ma nouvelle vie contribua à changer la leur.

La famille élargissait son point de vue et trouvait du plaisir à me voir évoluer et grandir autrement que chez Mademoiselle Julie, alias sœur Marie Germain, que les décrets de Pétain allaient rhabiller en vêtements religieux.

Je ne chantais plus « Au pas, camarades ! » en tournant en rond au son de son claquoir.

Nos sottises, heureusement peu nocives, complétaient l’enseignement de Monsieur Taponnier ou de Mademoiselle Parot. Elles nous apprenaient la liberté, autrement que dans des livres.