Je ne connaissais pas Paul Huot-Pleuroux, mon nouveau patron, et il ne me connaissait pas non plus. Nous nous étions téléphoné pour nous rencontrer à Dijon, sur le quai de la gare, devant le bureau du chef de gare.
Cela s’est passé comme prévu. Étrange rencontre qui fit de nous deux une paire d’amis que seule sa mort modifia.
Par le train suivant, nous sommes partis ensemble pour Paris et nous avons rencontré Anne-Marie Hourcailloux qui désirait se séparer de l’UCSS (Union catholique des services de santé), une entraide spirituelle afin d’exercer en chrétien la profession, pour créer un nouveau mouvement d’action catholique pour les milieux sanitaires et sociaux. Elle s’en était ouverte à Roger Etchegaray de sa province d’origine.
Il se trouvait que Roger était en train de mettre en place le secrétariat général de l’Épiscopat. Roger devint évêque puis cardinal-archevêque de Marseille ; il rejoint plus tard Rome où il devint une des chevilles ouvrières du Vatican.
Anne-Marie nous fit connaître quelques-unes de ses amies qui, comme elle, désiraient quitter l’Union catholique pour fonder en France un mouvement reposant sur un laïcat audacieux, résolu, militant et missionnaire.
Paul et moi nous écoutions et partagions totalement cette perspective. Rapidement, quatre prêtres nous rejoignirent. Ils venaient de différents diocèses : Reims, Rennes, Paris et Dijon. Nos expériences pastorales étaient semblables. Il fut rapidement décidé qu’il fallait avancer et susciter une équipe nationale provisoire. Tous me demandèrent d’en faire partie et de donner plus de temps pour soutenir ce démarrage. Pauvre Christianet !
Nous nous réunissions chez Anne-Marie dans le 15ème arrondissement. Je vins donc à Paris plusieurs fois par mois. Paul Huot-Pleuroux faisait partie des premiers pas de cette équipe. Je proposais que Micheline Dellyes devienne secrétaire administrative. Paul se tiendrait en lien avec Mgr Ménager qui avait succédé à Roger Etchegaray.
Cela dura un ou deux ans. Je devins aumônier général adjoint de l’officielle UCSS qui prit le nom d’ACMSS (Action catholique des milieux sanitaires et sociaux).
Avant d’aller plus loin, il fallait quitter l’appartement exigu d’Anne-Marie. Paul trouva dans le 16ème arrondissement les locaux de l’école libre de Notre-Dame de Passy qui venait de déménager. Le conseil des cardinaux et archevêques suivait et encourageait les premiers pas de notre conviction pastorale. La reconnaissance ecclésiale se confirmerait bientôt.
On trouva quatre permanentes : deux pour les élèves infirmières et assistantes sociales et deux pour les professionnels. L’idée de ‘Milieu santé’ prenait corps. Il fallait en parler dans tous les diocèses. Les « voyages » devinrent la grande affaire. Paul et moi parcourions la France et frappions à la porte des évêchés.
Continuait un autre ‘autrement’ dont l’étape serait couronnée par un séjour au concile Vatican II.
4 juillet 2021
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