Je prierai pour vous

« La prière permet une proximité affectueuse, pleine de respect pour la liberté »

Ces quatre mots reviennent souvent dans le vocabulaire des prêtres. Même si je me méfie de ne pas les employer à tort et à travers, ils arrivent souvent à ma pensée et j’ose parfois dire ou écrire à quelqu’un : « Je prierai pour vous ».

En toute honnêteté, qu’est-ce que cela signifie pour moi ?  En prononçant cette phrase, je m’engage à quoi ? Qu’est-ce que je désire ? Comment j’exécute ma promesse ?

C’est à la fois une parole de sympathie humaine et de communion dans la foi. C’est encore un partage. Puisque, par un don de Dieu, l’Église m’a appris à prier, à mon tour, je donne ce que j’ai reçu gratuitement.

De fait, je ne pense pas que je m’engage à dire des prières, mais à être le plus proche possible du Seigneur pour porter avec celui ou celle que j’assure de ma prière sa joie ou sa difficulté. Je désire entrer dans une sorte de relation triangulaire pour être intime sans encombrer. Avec discrétion, je m’approche de mon frère ou de ma soeur pour partager ce qui ne se dit pas, mais qui est pourtant essentiel. La prière permet une proximité affectueuse, pleine de respect pour la liberté.

En promettant de « prier-pour-vous », je désire rassembler dans l’offrande du Christ les personnes à qui je m’adresse. Elles vont peupler mon eucharistie. En leur faisant promesse de prier, je les « range » sur la patène pour qu’elles soient mystérieusement le plus proche possible de celui qui a rassemblé la création entière pour la récapituler et la présenter à son Père bienveillant.

A vrai dire, je ne crois pas que ma prière change « quoi que ce soit » dans l’ordre matériel des choses. Elle ne guérit pas les cancers, ne donne pas de l’argent aux pauvres, n’augmente pas la joie de la jeune épousée… Mais elle assure d’une proximité, allège le mal ou approfondit la jubilation.

De plus, je crois que « prier pour quelqu’un » rend durablement attentif à ce quelqu’un, permet d’entrer dans la délicatesse que Dieu lui porte et, ainsi, suscite pour soi  une démarche de conversion. Nos prières ne rajoutent rien à la Providence, mais nous disposent à sa grâce. Elles donnent à notre coeur d’inventer des signes d’une présence nouvelle riche en communion. Dieu n’évolue pas. C’est nous qui changeons.

Miracle de la louange et de la demande.