Baptême et conversion

« Un tout petit peu qu’on réalise sans trop d’efforts vaut mieux qu’un vaste projet trop ambitieux qui ne voit pas le jour »

Le baptême des petits enfants ne se range pas parmi les paquets-cadeaux. L’Église n’apporte pas aux parents une « brassière spirituelle » pour fêter l’heureux avènement.

Quelques soient les circonstances, il ne s’agit pas d’une assurance dont la multinationale Providence offrirait la première prime pour engrener l’avenir chrétien du poupon.

Le baptême, sacrement d’initiation, produit mystérieusement en une personne ce qu’il signifie. Il plonge celui ou celle qui en bénéficie dans la Résurrection du Christ. Il accomplit un passage. L’après est une nouveauté par rapport à l’avant. Même si rien n’apparaît au regard profane, le croyant reconnaît un changement radical. Dans sa magnificence qui répugne au donnant-donnant, le Christ et son Église ne réclament rien en contrepartie, sinon la liberté et la sincérité de la démarche.

Certes, le bébé n’a pas encore le droit à la parole, mais ses parents sont habilités à demander pour lui le don gratuit de Dieu. Ils l’engagent dans la foi comme ils l’ont suscité dans l’amour. Ils ne lui ont pas demandé son avis pour le mettre au monde.Ils peuvent légitimement solliciter pour lui le sacrement de Baptême, signe de leur propre foi et de leur conversion personnelle.

Je ne pense pas, en effet, que des parents (ou au moins l’un des deux) puissent présenter leur rejeton à la Fontaine de Vie sans une démarche concrète de changement de vie pour eux-mêmes. Je ne prétends pas qu’ils doivent bouleverser leur existence du tout au tout, mais je suggère qu’ils inscrivent dans leur comportement présent un-petit-quelque-chose qui témoigne de leur foi en la Résurrection du Christ, source de conversion et de victoire sur la pesanteur humaine. Inscrire dès maintenant dans la monotonie journalière une « bricole » spirituelle pour témoigner du sérieux de l’affaire ne me paraît pas farfelu. Reste à ce qu’ils se déterminent en fonction de leur possibilité présente, de leur désir, de leur amour. Ce peut être le secret du couple ou même le secret respectif du père ou de la mère. Pourquoi ne pas inviter aussi parrain et marraine à progresser dans ce sens ?

Je sais que le baptême d’un petit enfant engage les parents à l’éveiller à la connaissance du Christ et à le conduire au catéchisme qui, s’il est bien mené, n’a rien à voir avec un endoctrinement.

Au mieux, ces premiers pas chrétiens vont se produire dans quatre ou cinq ans mais, dès aujourd’hui, que proposer aux parents, demandeurs de baptême :

La liste est infinie, comme dans les secrets d’amour. La délicatesse du coeur invente sans cesse. Un conseil cependant : un tout petit peu qu’on réalise sans trop d’efforts vaut mieux qu’un vaste projet trop ambitieux qui ne voit pas le jour.