« Le Christ par vous continue d’appeler et chaque proposition s’incarne dans des décisions concrètes »
Marie-Jo me dit l’autre jour : » A mesure que nous formons les jeunes, ils s’en vont et, comme ils partent à l’aventure au loin sans structure intérieure suffisante, ils se perdent comme du bon grain sur un sol pierreux… Les moineaux les mangent ».
J’ai répondu : « Pourquoi ne leur dites-vous pas de rester encore deux ou trois ans, le temps de s’affirmer en personnalité et en Évangile ? »
« De quel droit ? » rétorqua-t-elle.
« Bien sûr, Marie-Jo, vous n’avez aucun droit absolu. Mais le Christ par vous continue d’appeler et chaque proposition s’incarne dans des décisions concrètes. Ne rien demander de fou aux yeux du monde, est-ce encore le message de Jésus ? »
Reste à ne pas user de pressions affectives ou d’embobiner des jeunes dans des institutions dont ils s’échapperont meurtris pour toujours. Mais pourquoi partir forcément à Nantes faire des études si, à Lyon, il y a l’équivalent ? Pourquoi chercher un travail dans le Gard alors que l’on peut en trouver un à peu près équivalent à Lyon ?
Pourquoi aller habiter de l’autre côté de la ville, alors que l’on peut « béguiner » à cinq minutes à pieds en gardant chacun sa liberté ?
Pourquoi ne pas proposer : « Si tu restes par-là, on fait quelque chose ensemble à cause de l’Evangile et du monde dont nous partageons la proximité de destin ! ».
« Viens, suis-moi ! » passe toujours par une personne concrète qui ose être assez humble pour proposer et non point attacher à soi.
Mais il y a toujours un risque. Si on ne le prend plus? on est déjà hors de la réalité humaine.
27 mai 1995
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