« Personne ne les sollicite et leur demande : « Veux-tu ? »
On me dit que, parmi les chrétiens qui constituent ou ont constitué depuis une quinzaine d’années le groupe ecclésial dit de la Pastorale, plus de trente personnes ont fait des études équivalentes au moins à l’IPER. Beaucoup ont passés une licence, certaines une maîtrise, une ou deux un DEA, trois un doctorat.
Les matières de cette formation ? L’histoire, la philosophie, la théologie (+ + +), la musicologie, les sciences sociales (Paris – Catho)… Ces études s’ajoutaient à des compétences professionnelles souvent de haut niveau.
Et voilà que ces personnes « formées » sont inoccupées en Église et que personne ne les a embauchées. Elles sont ensevelies dans la vie professionnelle, syndicale, politique, associative. Pour la plupart d’entre elles, elles ne gaspillent pas leur temps, mais je crois que personne ne les sollicite et leur demande : « Veux-tu ? »
Et si ce sel de la foi était en train de s’affadir et si la lumière était recouverte d’un capuchon ? Qui va oser reprendre ?
On me dit : « Il faut que ce soit les responsables qui prennent la parole ». Pourquoi ? Pour regrouper quelques amis, a-t-on besoin d’une permission tamponnée ? Nous encombrons trop l’étage supérieur et nous sollicitons son concours parce que nous refusons nous-mêmes de mettre la main à la pâte. Il y a des initiatives qui ne sont pas de l’ordre hiérarchique. Mais se défausser sur les chefs maintient la passivité des sous-chefs et la nonchalance du troupier !
Le trésor des personnes « formées » est inestimable ; va-t-on le laisser s’enfouir, va-t-on le laisser dérober par les voleurs ? Ou cette étoffe précieuse va-t-elle être dévorée par les mites ?
Quelle est donc cette cécité ou cette apathie qui fait que l’on ne donne pas suite à ce qui existe, braises qui ne demandent qu’à s’embraser au souffle de l’Esprit ?
29 mai 1995
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