Discernement

« Il vaut mieux en écarter trop que de laisser passer des inaptes »

Je regrette que nous ne prenions pas plus vite des décisions pour l’appel des séminaristes.

S’il faut être prudents et donner du temps au temps, nous devons aussi nous organiser pour discerner ordinairement après deux ans de séminaire et un an de propédeutique les aptitudes ministérielles d’un garçon qui demande à être prêtre diocésain.

Les stages font plus pourrir des situations qu’ils n’éclairent des jugements. Il ne faudrait pas que la peur de manquer de prêtres dans les paroisses ou les diverses aumôneries nous rendent mollassons.

Nous avons un rôle à tenir, un bien à promouvoir, des communautés à honorer. Nous ne sommes pas les assistants sociaux du ciel, mais les sergents-recruteurs pour le combat de la foi et l’annonce de l’Évangile dans une société non point hostile, mais indifférente.

Je redoute parfois que notre faiblesse de responsable engendre la faiblesse des jeunes qui ont besoin de tuteurs solides et forts pour grandir. Les jeunes ne poussent bien que s’ils ont les cadres pour exercer leur liberté.

Ils ne sont pas surveillés. Ils sont appelés précisément pour un ministère précis, dans un diocèse précis. Ils ne sont pas à leur compte. Ils s’offrent et se veulent disponibles pour un ministère à Lyon. A nous de voir s’ils conviennent ! Ce n’est pas à eux de prendre la décision finale. Il y a un sens malsain des personnes qui tue les personnes et les communautés.

Depuis l’Incarnation du Christ, les prêtres ne sont pas des lévites, mais des appelés. Il vaut mieux en écarter trop que de laisser passer des inaptes.

Certes, la prudence s’impose aux responsables. Ils prient pour que l’Esprit les fortifie et les conforte dans ce métier qu’est le « commerce » des humains.

Si la foi nous sauve et le don de Dieu nous console, les institutions nous donnent des repères suffisants. A tricher trop souvent avec elles, une pagaille noire s’installe, l’obscurité nous environne et la clairvoyance disparaît.

Je préfère être « simplificateur » plutôt que subtil en la matière. Un administrateur diocésain ne se situe pas vis-à-vis des séminaristes comme un père spirituel vis-à-vis de la personne qu’il accompagne, mais comme quelqu’un qui fait autorité et peut expliquer les raisons majeures de ses choix.