8. La décentralisation

Je ne voudrais pas entrer dans la campagne des législatives sans avoir réfléchi avec quelques-uns, aux différents points qui me semblent importants.

Dans ce court bulletin j’évoquerai la décentralisation en France. Plusieurs raisons me motivent :

Quelque forme que prenne l’Europe, il faudra que les régions françaises s’agrandissent en taille et en population. Elles devront être moins nombreuses (six peut-être), avoir un réel pouvoir et se tenir proches des administrés. Je crois plus au devenir de l’Europe des régions que des états. Ce sera chez nous un débat difficile et plein de risques. Il faudra de longues années pour changer les mentalités en ce domaine.
Si l’ont veut changer le statut des îles et des territoires d’outre-mer, il faudra le penser dans un ensemble et ne pas faire de la Corse une exception.

Il est temps que la haute administration des ministères se parcellise et ne règne plus en souveraine et maîtresse. Je pense surtout à l’éducation nationale, aux impôts, au trésor, à la santé… Si ces choses se réalisaient, ce serait révolution en France. C’est sur un tel projet que de Gaulle a échoué en 1969.

Il est souhaitable qu’un nouveau personnel politique vienne au jour. La décentralisation devrait mettre en place des élus proches du terrain. En exerçant des mandats politiques, ils se formeraient et deviendraient compétents pour la gestion de la République. Les dernières élections n’ouvrent pas le grand angle. Malgré des exceptions, l’ENA reste le vivier principal. Si l’on veut aussi redonner du souffle à la vie intellectuelle, il faut que les universités de grande taille se dispersent et que les régions se mobilisent pour créer les cadres de l’industrie et de la recherche. Tout cela ne se fera pas par un coup de baguette magique.

Ne faudrait-il pas que l’on commence à habituer nos cerveaux à une évolution de ce genre ?