26. Une différence

De récentes conversations m’ont permis d’approfondir ce que je savais déjà et de mieux comprendre un des aspects du mystère de l’Eglise. J’ai cru percevoir que certains de mes interlocuteurs désiraient, en fait, organiser l’Eglise selon le schéma de la société civile démocratique.

Grâce à une vue très adaptée à la modernité, ils ont compris la place et le rôle du peuple, des élus, des gouvernants, des magistrats indépendants et des « corps intermédiaires » associatifs.

A bon droit, ils se réjouissent de ce bel équilibre de l’organisation d’un Etat. Du coup, ce principe cohérent devient le modèle et l’axe de toutes leurs réflexions. Un peu trop vite et d’une manière trop absolue, ils transposent cette visée excellente sur la « société » Eglise en générale ou sur la marche des petites communautés confessantes.

Il est bien évident que l’organisation du monde civil a quelque chose à apprendre à l’Eglise, mais si l’on ne fait pas une distinction suffisante, on risque d’arriver à de lourds dysfonctionnements ; on tombe soit dans le césaro-papisme de la société laïque et politique, soit dans une démocratie exacerbée et sacralisée pour l’Eglise.

Essayons de comprendre !

Dans la société civile démocratique :

Dans l’Eglise :

Tous, évêques et chrétiens, parce qu’ils sont d’abord fidèles ensemble, sont appelés à se tourner du même élan vers l’Esprit pour vivre selon le Christ, Parole incarnée de Dieu.

Dans l’Eglise du Christ, chacun est Sacrement pour ses frères et sœurs baptisés. Les communautés ecclésiales n’ont pas d’autre prétention que d’être sacrement lisible et crédible, non seulement pour chacun des membres mais aussi pour le monde.

A mon avis, le droit écrit de l’Eglise n’est qu’un ensemble de règles pour rappeler à tous les fidèles la valeur sacramentelle de tous les baptisés.